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Quel est le rôle de la génétique ? |
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Au cours de la dernière décennie, des progrès considérables ont été accomplis dans
la connaissance du génome humain, engendrant de grands espoirs pour le diagnostic
et le traitement des maladies chroniques. Jusqu'ici, ces espoirs ont été en grande partie déçus.
Tout médecin sait qu'il y a des prédispositions familiales aux maladies cardio-vasculaires.
La première phase d'une consultation doit consister à interroger le patient sur l'histoire médicale de sa famille.
Toutefois il est très difficile de faire la part des choses entre des habitudes de vie (modifiables) transmises par
la famille de génération en génération (et communes à une génération donnée) et un risque génétique proprement dit
(non modifiable jusqu'à preuve du contraire).
En fait, plus on étudie les relations entre les maladies cardio-vasculaires et les
caractéristiques génétiques des individus et moins on attribue d'importance aux facteurs génétiques
par rapport au mode de vie.
Les facteurs dits « d'environnement », notamment les habitudes alimentaires, sont apparemment prédominantes.
Doit-on s'étonner ? Pas vraiment !
La santé des migrants
En effet, des études réalisées sur des migrants dans les années 1960-1970, avaient déjà suggéré que les grandes variations
géographiques de l'incidence des maladies cardio-vasculaires ne pouvaient avoir d'explication génétique ou à plus forte raison raciale.
Certaines de ces études sont restées célèbres, notamment celles portant sur les Japonais migrant vers les États-Unis.
En général, cette migration se faisait en deux étapes (en deux générations) par-dessus l'océan Pacifique.
La première génération s'arrêtait à Hawaï et la deuxième faisait le grand saut de Hawaï vers la Californie.
Les trois populations, celle qui est restée au Japon, celle d'Hawaï et celle de Californie, sont évidemment
génétiquement identiques. Pourtant, le risque cardiovasculaire a augmenté de façon considérable chez les « nouveaux Californiens »;
il rejoint le niveau de risque des Californiens de souche avec lesquels ces émigrants partagent désormais le même mode de vie.
Ce risque se situe à un niveau intermédiaire chez les « nouveaux Hawaïens », en proportion de leur adoption du style
de vie américain.
À l'inverse, certaines populations migrantes qui conservent leur mode de vie originel protecteur et qui
résistent au mode de vie du pays d'accueil ne voient Pas leur risque augmenter.
C'est le cas par exemple des communautés grecques en Australie ! L'obsession de nombreux migrants
grecs à préserver leur mode de vie traditionnel est telle que certaines communautés « exilées »
sont restées attachées à des pratiques qui n'ont même plus cours en Grèce aujourd'hui.
| Prenons un Belge, un Italien et un Anglais... |
L'étude européenne (financée par la Communauté européenne) IMMIDIET
a pour but d'étudier sur quatre populations européennes (flamande de Belgique,
italienne des Abruzzes, anglaise du sud de Londres et italo-belge vivant en Flandres), l'impact
des habitudes alimentaires et des variations génétiques sur les principaux facteurs de risque
d'infarctus du myocarde. Les premiers résultats indiquent clairement que le mode de vie des populations
(notamment leur régime alimentaire) est beaucoup plus important que les caractéristiques génétiques
dans la détermination du risque. Paradoxalement, mais en relation avec le processus d'homogénéisation
des populations européennes, il apparaît que les habitudes alimentaires des Anglais se sont considérablement
améliorées au cours des dernières décennies pendant que celles des Italiens se dégradaient,
par la perte ou l'oubli des traditions méditerranéennes. Ces tendances s'accompagnent de modifications
parallèles de la prévalente des maladies cardio-vasculaires dans ces pays, ce qui confirme que nul
n'est protégé par le climat ou la position géographique dont il bénéficie.
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