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Le régime de Cro-magnon |
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On parle beaucoup du régime paléolithique et de ses vertus importantes pour la santé.
II est vrai que génétiquement nous sommes des hommes du paléolithique, notre potentiel n'a pas
évolué depuis ces temps ancestraux, nos métabolismes ont les mêmes attentes qu'il y
a 10 000 ans. L'évolution de l'homme dans sa vie quotidienne a-t-elle une influence négative
ou positive sur la santé et le bien être ? Pour répondre à ces questions de manière objective, il faut tracer
les grandes lignes du régime paléolithique.
Le régime paléolithique
A travers les études de paléontologues renommés, il est possible de visualiser
beaucoup mieux l'alimentation des Hommes de CroMagnon (Homo sapiens sapiens) de - 35000 ans à - 9000 ans :
une quasi-identité sur le plan ostéologique, taille élancée 1,70 à 1,80 m, plus grands que nous
et bien plus que nos grands parents, un cerveau de 1400 ml, une durée de vie brève
(liée aux infections de germes banals), pouvant atteindre 50 ans.
Les Homo sapiens sont des omnivores, ils se nourrissent par définition d'aliments d'origine animale
pour 35 % et d'aliments d'origine végétale pour 65 %. Mais cette proportion entre ces deux
sources alimentaires n'est pas une constante.
Au paléolithique l'éventail des plantes comestibles est très large (Leroi-Gourhan 1945),
bien plus que l'étroit choix des plantes cultivées aujourd'hui par les agriculteurs
et elles sont souvent plus riches en protides. Les végétaux verts (tiges et feuilles)
et les végétaux charnus (tubercules, racines, fruits et grosses graines) sont consommés
partout (crus, bouillis, rôtis) et donnent lieu à des mises en réserve pour l'hiver.
Dans la ration quotidienne, l'abondance, le nombre et la variété des végétaux consommés
sont fonction des conditions climatiques, de la saisonnalité mais aussi d'un certain
choix culturel. La répartition des macronutriments nécessaires à la fabrication de l'énergie
et à la construction du corps est la suivante :
• protéines 33%
• glucides 46%
• lipides 21 %
Des protides à foison mais de temps à autre.
Dans le régime apportant 35 % de gibier et 65 % de végétaux, la ration protidique
représente 251,1 g dont 190,7 g d'origine animale et 60,4 g d'origine végétale.
Les paléolithiques ne connaissent pas les deux inconvénients qu'ont pour nous les protéines animales :
• leur association avec une teneur élevée en lipides chez les animaux d'élevage,
• leur prix de revient (il faut 10 kg de protéines végétales pour fabriquer 1 kg de protéines animales).
La composition même des gibiers et des poissons est peu riche en lipides.
La dépense moyenne énergétique est de 3500 kcal au minimum et correspond au nombre de calories nécessaires pour
pallier le statut de chasseur, pécheur, cueilleur de l'époque.
La répartition des acides gras des lipides est qualitative et se rapproche des recommandations
des experts actuels. On a 23,7 d'acides gras saturés (graisses des viandes entre autres),
42 % d'acides gras mono insaturés (actuel, acide oléique de l'huile d'olive) et 37%
d'acides gras poly insaturés (Oméga 3 et Oméga 6).
Les apports en vitamines et en minéraux sont importants avec des répartitions différentes.
Pour le calcium le quantitatif journalier est de 1500 mg et pour le sodium
de 690 mg. L'homme du paléolithique consomme beaucoup de fibres, de l'ordre de 100 à 150 g par jour.
Au paléolithique nous sommes en présence d'humains ayant une alimentation équilibrée,
raisonnée avec à la fois l'énergie et le respect des éléments essentiels à la vie
que notre alimentation doit nous donner ; apports d'oméga 3, de fibres, de bonnes vitamines...
En fait l'alimentation au paléolithique parait adaptée à l'espèce humaine.
L'évolution de cromagnon à 1900
La fin du nomadisme avec sa recherche perpétuelle de zones à gibiers et la venue de
la sédentarité depuis 9 000 années ont conduit la population humaine à changer
de mode alimentaire. La taille des hommes qui est un paramètre de bonne alimentation a varié schématiquement en trois temps :
• une augmentation de la
stature 1 m à nos origines
1.80 m au Cro-magnon
• une baisse au néolithique
de 10 % environ
• une reprise staturale depuis
quelques décennies
La baisse de taille au néolithique serait due à différents facteurs :
• apparition des céréales
comme base alimentaire
• diminution de l'apport
protéique
• agressions nutritionnelles
(disettes et famines liées
aux aléas climatiques sur
les mono cultures)
• maladies épidémiques
• réduction de l'apport et de
l'absorption du calcium. Céréales, élevage, produits laitiers, sucres
sont les gros bouleversements alimentaires de cette époque.
Mais cette évolution n'est rien par rapport à la révolution alimentaire que nous avons subie depuis 1900.
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