RISQUES DE SURDOSAGE
Des quantités excessives de calcium sont rarement bien absorbées. Si elles le sont, elles sont excrétées par le rein dans les urines.
Mais cela peut tout de même avoir un inconvénient chez les personnes susceptibles de faire des calculs rénaux.
En revanche, le magnésium qui, on va le voir, est souvent insuffisamment apporté et excessivement utilisé lors du stress,
entraîne un risque de mauvaise répartition du calcium, qui rentre en trop grande quantité dans les cellules des tissus
autres que le tissu osseux. Les conséquences peuvent être multiples : de l'hyperréactivité au stress, qu'on appelle aussi spasmophilie,
à l'accélération des processus de vieillissement et aux dépôts de calcium dans les tissus mous : calculs rénaux, périarthrite scapulo humérale,
calcification des artères et même du cerveau, phénomènes qui touchent progressivement l'ensemble des personnes âgées.
L'excès de calcium peut aussi provenir d'une libération de l'os dont le catabolisme est supérieur à l'anabolisme en cas d'immobilisation,
d'hyperparathyroïdie et, plus banalement, avec l'âge. Les mêmes conséquences peuvent en résulter et les deux phénomènes manque de magnésium
et catabolisme augmenté de l'os sont le plus souvent conjugués.
Le surdosage en vitamine D, et quelques maladies relativement rares comme
la sarcôidose, peuvent aussi s'accompagner d'un dérèglement du métabolisme du calcium.
Le taux sanguin ou calcémie étant très étroitement régulé, il est très rarement altéré, que ce soit dans le sens de l'excès ou de l'insuffisance.
Un bilan du calcium comprend le dosage de calcium ionisé, qui varie plus facilement que la calcémie, l'excrétion urinaire du calcium sur 24 h,
et une densitométrie osseuse.
ÉLIMINATION DU CALCIUM
• Par les selles (450 mg/24 h) : de 50 à 70 % du calcium ingéré s'y trouvent sans avoir été absorbés; cette élimination est importante en cas de diarrhées.
• Par l'urine : la quantité varie selon les sujets (entre 100 et 250 mg/litre).
• Par la transpiration (100 à 150 mg/litre, quantité multipliée par 2 ou 3 en cas de sudation abondante).
• Lors de l'allaitement : la perte est importante (environ 1 g/litre), et la ration de la nourrice devrait atteindre, selon certains auteurs, de 2 à 3 g/jour.
GROUPES À RISQUES
Les manques en calcium sont fréquents, même dans les pays développés. Ils sont dus à des insuffisances au niveau des apports.
Celles ci sont aggravées par des défauts d'absorption liés à des apports également insuffisants en vitamine D ou au
contraire excessifs en phosphore ou en acides gras saturés. S'ajoutent à cela des manques en autres micronutriments,
indispensables à la bonne répartition du calcium dans l'organisme et à sa fixation sur l'os, comme le magnésium, le zinc,
les vitamines C, B6 et K, et d'autres facteurs perturbant son métabolisme ménopause, âge, excès de café, excès de sel, immobilisation,
sédentarité, médicaments. Les groupes à risques sont surtout :
> Les enfants, lors des poussées de croissance.
> Les adolescentes.
> Les grands consommateurs de boissons industrielles.
> Les femmes.
> Les femmes enceintes.
> Les grands buveurs de café.
> Les personnes âgées.
> Les personnes recevant des corticoïdes ou des anticonvulsivants.
PRESCRIPTION
Les enfants sont supplémentés en vitamine D, car on sait que, sans cette supplémentation, le rachitisme -
comme c'était le cas au siècle dernier serait fréquent. Mais on est obligé de constater que bien d'autres éléments nécessaires
à la minéralisation osseuse, comme le calcium lui même, le zinc ou la vitamine B6, ne sont pas apportés en quantités suffisantes par
l'alimentation. Il serait donc judicieux de donner aux enfants une supplémentation plus complète, synergique et compatible.
À l'adolescence achève de se constituer le capital osseux, âge à partir duquel on reperd progressivement de l'os dès 20
ans jusqu'au troisième âge pour les hommes, et de manière accélérée à la ménopause pour les femmes.
Or la majorité des études relève que plus de 90 des adolescentes ne reçoivent pas aujourd'hui, en France, les apports recommandés en calcium.
Elles s'exposent donc dès l'adolescence, à partir d'un capital osseux inférieur, à des risques d'ostéoporose.
Pendant la grossesse, 30 g de calcium passent dans le placenta pour former le squelette du bébé. Si la mère en manque déjà pour elle,
ce qui est le plus souvent le cas, où prend elle le calcium qui forme les os de son enfant ? Dans ses propres os.
Quant à l'allaitement aujourd'hui unanimement recommandé pour de multiples raisons, il est encore plus coûteux en calcium.
À partir de la ménopause, les apports calciques devraient être complétés par une supplémentation comprenant ses éléments synergiques.
L'intensité et la précocité de cette supplémentation devraient être décidées en fonction de la présence ou non de facteurs de risques comme des antécédents familiaux,
la maigreur, une complexion pâle, des périodes d'aménorrhée, une ménopause précoce, des traitements prolongés aux anticoagulants,
et d'une densitométrie effectuée vers l'âge de 40 ans.
Lors d'une fracture, d'une immobilisation, de traitements déminéralisants prolongés (corticoïdes, anti-vitamines K, antiépileptiques...),
des mesures alimentaires, une supplémentation adaptée et un programme d'exercice s'imposent. Les astronautes en séjour
prolongé dans l'espace effectuent chaque jour 6 h d'exercice.
Mais des situations beaucoup plus courantes aujourd'hui entraînent des pertes osseuses le plus souvent insoupçonnées, même par les médecins.
Il a été récemment constaté que, lors d'un amaigrissement par régime, la perte de masse musculaire que l'on connaissait est associée à une
perte de tissu osseux. La notion même de régime est de plus en plus contestée.
La tendance au surpoids comporte le plus souvent un facteur génétique et requiert de bonnes habitudes alimentaires et de l'exercice à vie.
En tout cas, un régime devrait au minimum être accompagné d'une supplémentation complète comprenant du calcium, et d'un programme d'exercices quotidiens.
Encore plus négative sur le tissu osseux est l'activation prolongée du système immunitaire lors d'une infection,
d'une maladie inflammatoire, auto-immune, ou d'un cancer. Les globules blancs sécrètent des messagers comme l'interleukine et
le TNF (Tumor Necrosing Factor, encore appelé “caehectine” étant donné le spectaculaire amaigrissement qu'il provoque),
qui font aussi perdre de l'os. Ce phénomène est encore plus marqué chez les personnes âgées.
Autrement dit, lors d'une infection sévère ou de l'une des maladies mentionnées, devraient être prises des mesures alimentaires,
de supplémentation et d'activité physique particulièrement vigoureuses pour lutter contre la déminéralisation.
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