Le cuivre nous est indispensable, mais à de très petites doses.
La surcharge est plus fréquente que le déficit et apparaît beaucoup plus dangereuse.
DÉCOUVERTE
Un Américain, le Dr Hart, a été l'un des premiers à montrer, en 1928, que le cuivre est essentiel chez l'animal.
Ce qui sera confirmé en 1931 chez l'enfant par Josephs.
CARACTÉRISTIQUES
Il existe dans l'organisme de 75 à 100 mg de cuivre sous différentes formes.
II est surtout lié à des acides aminés ou à des protéines. Il est particulièrement concentré dans
certains tissus comme le foie ou le locus coeruleus
(lieu bleu), une région du cerveau responsable de l'éveil.
Dans le sang, il est presque totalement lié à des protéines, la céruléoplasmine et l'albumine. Le cuivre libre,
comme le fer libre, est dangereux. Il peut catalyser des oxydations indésirables.
Des études récentes indiquent que même le cuivre lié à la céruléoplasmine aussi peut être pro-oxydant.
Le cuivre fait donc partie des éléments.
RÔLES
II agit comme coenzyme pour la synthèse de la noradrénaline, le neurotransmetteur de l'éveil et de l'attention.
Il est aussi la coenzyme nécessaire à la formation de la mélanine, le pigment du bronzage, il intervient dans le métabolisme
du tissu conjonctif et dans la chaîne respiratoire (comme le fer).
Mais si le cuivre peut donc être, comme le fer, un pro-oxydant, il joue aussi, paradoxalement, un rôle anti-oxydant en participant
à l'activation du superoxyde dismutase (SOD).
Il semble néanmoins qu'il faille des déficits relativement importants
pour que l'activation de la SOD soit déprimée, et donc, de nouveau comme pour le fer, les surcharges apparaissent
plus problématiques que les déficits, et d'ailleurs beaucoup plus rares.
Le cuivre peut catalyser la formation de radicaux libres particulièrement agressifs, surtout au niveau des gènes, provoquant des cassures
de l'ADN, la molécule qui porte l'information nécessaire à la formation et au fonctionnement des cellules, celle que l'on transmet à ses enfants.
Il peut donc agir comme un mutagène (produire des mutations) et contribuer au développement de cancers.
Par ailleurs, il interagit avec les autres minéraux, en stimulant l'absorption et le passage intracellulaire
du fer, lui aussi un pro-oxydant. Il peut aussi, s'il se trouve en excès, prendre la place du zinc dans les protéines, altérant leur activité,
comme pour la protéine anti-cancer.
SIGNES DE CARENCE ET DE DÉFICIENCE
Les déficits en cuivre sont rares, beaucoup plus rares que les déficits en vitamine K, magnésium, zinc ou fer.
Ils peuvent, mais c'est rare, être une cause d'anémie. Les signes sont exceptionnellement.
PRESCRIPTION ET RISQUES DE SURDOSAGE
La surcharge apparaît plus fréquente que le déficit. Néanmoins, l'élévation du taux de cuivre dans le sang constatée sous
l'effet des oestrogènes, avec la 2,5 pilule et pendant la grossesse (où le cuivre serait responsable des phénomènes
d'hyper-pigmentation par l'activation de la synthèse de la mélanine), ou sous l'effet d'une activation du système immunitaire
- infection, inflammation ou cancer, ne reflète le plus souvent qu'une nouvelle répartition du cuivre, pas une surcharge globale.
Cette élévation du cuivre dans le sang peut avoir des effets négatifs, comme l'oxydation de la vitamine C, dont le taux baisse.
LA MALADIE DE WILSON
La maladie de Wilson est une affection génétique très rare, une hépatite mortelle avec dégénérescence de l'oeil.
Il existe un déficit en céruléoplasmine, d'où accumulation du cuivre dans (organisme, et notamment dans le foie,
puis dans le cerveau, les reins, la cornée. On la traite par la D Pénicillamine, un chélateur du cuivre, et de manière plus récente, par de forces doses de zinc.
LE LAIT BOUILLI DANS LE CHAUDRON DE CUIVRE
La haute teneur en cuivre du foie, chez les enfants atteints de cirrhose infantile maladie non exceptionnelle en Inde et entraînant
souvent la mort vers l'âge de 2 ou 3 ans a longtemps intrigué les médecins.
En recherchant dans l'alimentation la cause de cette anomalie, on a découvert qu'elle atteignait seulement les enfants qui n'étaient pas
nourris au sein, et l'on a pu incriminer en fin de compte le lait de vache, stocké et bouilli dans des récipients en cuivre qui concentre celui ci à des taux élevés.
Une maladie voisine, liée à la même pratique, vient d'être identifiée dans les régions montagneuses d'Autriche.
CUIVRES ENFANTS AGITÉS ET BEDLINGTON TERRIERS
Le foie du nouveau né à terme contient beaucoup plus de cuivre que celui de l'homme adulte. Le taux diminue en 5 à 15 ans.
Comme le cuivre est un stimulant cérébral, cet excès pourrait jouer un rôle dans l'hyperkinésie (agitation excessive) infantile, qui s'améliore
avec l'âge. Le foie de l'agneau et du veau contient également plus de cuivre que celui des animaux adultes.
Chez le Bedlington terrier, un défaut génétique fait que, souvent, il y a beaucoup de cuivre dans le sang et les tissus, et des lésions du foie.
Les animaux malades sont hyperkinétiques, cessent de jouer avec leurs pareils.
Si on leur administre du zinc et de la vitamine C, antidotes du cuivre, ils retrouvent leurs normes
physiologiques et leur caractère alerte et enjoué.
On observe une mobilisation inverse du zinc, dont une partie passe dans le foie et baisse dans le sang. Les études récentes indiquent que
la céruléoplasmine, élevée dans ces cas, est capable d'altérer d'autres molécules que la vitamine C, comme les graisses circulantes.
Ces constatations vont à l'encontre de celles des oligo-thérapeutes qui administrent du cuivre lors d'infections ou d'inflammations
alors que les taux sont déjà augmentés. Mais peut on exclure que les petites doses administrées en oligothérapie n'ont pas un effet paradoxal ?
De vraies surcharges peuvent advenir dans des maladies comme certaines cirrhoses et la maladie de Wilson.
Mais l'excès de foie de porc, l'eau du robinet qui passe par des tuyaux en cuivre, le tabac riche en cuivre, ainsi que les supplémentations minéro
vitaminiques anciennes encore sur le marché, les prescriptions prolongées en oligo éléments, sont des sources beaucoup plus banales de surcharge.
Le cuivre ne devrait être prescrit que lors de déficits documentés sur des dosages.
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