Le fluor n'est pas véritablement un oligo-élément essentiel. En tout cas, cela n'est pas démontré chez l'être humain.
Il est utilisé pour la prévention des caries. Mais la (dose toxique est proche de la dose utile.
DÉCOUVERTE
Le fluor a été isolé pour la première fois en 1886 par Henri Moissan. Il y a près d'un siècle qu'on a découvert,
dans différentes régions d'Europe et des États Unis, des mouchetures sur l'émail des incisives.
En 1907, ces taches sont décrites dans le Colorado sous le nom de “Mottled Enamel”.
Puis elles le sont en Espagne, en Italie et au Maroc, où le vétérinaire Velu leur donne le nom de “darmous”.
CARACTÉRISTIQUES
Le fluor est très réactif et n'existe pas, de ce fait, à état pur.
En réalité, contrairement aux éléments que nous avons vus jusqu'ici, qui sont prouvés comme étant essentiels chez l'être humain,
il n'est pas définitivement établi qu'il soit indispensable au fonctionnement et à la santé de (organisme, lequel n'en contient qu'environ 2 g,
présents presque intégralement dans les dents et le squelette.
RÔLES
Le fluor n'a donc aucun rôle coenzymatique, contrairement au fer, au cuivre et au manganèse, qui participent à des réactions biochimiques.
Il se fixe dans les dents et l'émail, où son rôle n'est pas clair.
Ce qui est bien établi, c'est qu'à petite dose il réduit la fréquence des caries dentaires.
Dans l'os, il s'accumule en fonction des apports 50 % du fluor ingéré s'y fixe, ce qui n'est pas en faveur d'un rôle physiologique puisque
le contenu des os en fluor est le reflet de "environnement".
Il renforcerait, selon les auteurs, l'os spongieux, mais fragiliserait l'os cortical, c'est à dire augmenterait
les risques de fracture du col du fémur et d'autres os non vertébraux. Par ailleurs, il peut provoquer, à des
doses couramment ingérées, une fluorose. Ce sont les raisons pour lesquelles nous l'avons placé parmi les éléments "à double tranchant".
BESOINS
Il n'est pas possible de définir des besoins, puisque aucune réaction ne dépend du fluor. Des recommandations sont faites pour la
prévention des caries, mais les études récentes penchent plus en faveur de l'utilisation topique du fluor dans les
dentifrices et bains de bouche que pour une supplémentation orale.
SOURCES
Le fluor est présent dans certaines eaux minérales (Vichy en particulier), dans le thé (il y en a 2 fois moins dans les
thés indiens que dans les thés chinois), dans les sels de table supplémentés, et aussi dans les dentifrices,
bains de bouche et, dans certains pays, dans l'eau du robinet, où il est artificiellement ajouté, ce qui apparaît discutable.
SIGNES DE CARENCE ET DE DÉFICIENCE
La notion de déficience n'existe pas, les besoins n'étant pas définis. En revanche, les surcharges sont fréquentes.
RISQUES DE SURDOSAGE
Les avis divergent au sujet d'une dose toxique : à 5 mg, l'origine des signes d'intoxication chronique est indiscutable chez
les ouvriers manipulant certains minerais ou dans les régions où l'eau de boisson en est très riche.
Selon Le Moan, la fluorose apparaît pour des doses journalières supérieures à 3 mg, en général de 4 à 5 mg. Et l'action est négative sur les os,
dans les zones où les eaux contiennent de 10 à 30 mg/I, après une consommation minimum de 10 à 15 ans.
Les signes d'excès se situent Au niveau de l'émail, avec l'apparition de taches pigmentées. Ces taches sont
rares et petites si l'atteinte est légère ; nombreuses, brunâtres et très inesthétiques si elle est sévère. Elles peuvent
mener à l'apparition de trous.
Les homéopathes
reconnaissent depuis longtemps les enfants plus susceptibles que les autres à la fluorose. Au niveau des os, qui
deviennent trop denses et trop fragiles. Ces atteintes sont assez proches à la radiographie de la maladie osseuse de
Paget, avec déformation des membres et de la colonne vertébrale.
Par ailleurs, le fluor s'avère un oxydant très puissant, encore plus actif que l'oxygène. II n'est donc pas impossible que
l'on découvre qu'il entraîne d'autres effets négatifs.
FLUORATION ARTIFICIELLE DE L'EAU
En 1945, une vaste enquête rapportée par Dean sur la fréquence des caries chez l'enfant de 12 à 15 ans
selon la teneur en fluor des eaux de boisson consommées faisait état des taux suivants : 840 caries pour 100 sujets consommant
de l'eau contenant moins de 0,5 mg/1 ; 250 caries pour 100 sujets consommant de l'eau contenant lus de 1,4 mg/1 (il est maintenant
admis que la supplémentation diminue de 50 à 70 % la fréquence des caries chez l'enfant).
Ces constatations furent le point de départ d'expériences de fluoration artificielle <1 mg/litre) d'eaux de boisson dans plusieurs
villes d'Amérique du Nord. Dans ces villes, en 10 à 15 ans, la fréquence des caries chez les enfants d'âge scolaire a diminué de 50% environ.
Depuis lors, la technique a été adoptée dans plusieurs pays par de nombreuses municipalités où l'eau est pauvre en fluor.
À la lumière des conclusions américaines portant sur 30 ans de recherches, l'OMS a lancé, en 1969,
une opération de fluoration collective à l'échelon mondial.
Ses conclusions sont les suivantes : le mode de fluoration artificielle n'entraîne pas de risques toxiques dans les populations où elle a été effectuée.
Aujourd'hui, 33 États fluorisent tout ou partie de la population, soit environ 150 millions de personnes, dont 80 millions d'Américains,
5 millions de Canadiens. En Europe, l'ex Allemagne de l'Est vient en tête avec 17 millions (le programme prévoyait, pour 1985, que 47 % de la population
serait " fluorée " ), suivie par la république Tchèque, la Hongrie, la Russie, les Pays Bas (3 millions).
Au Danemark, la fluoration se pratique sous forme de farine enrichie ; dans d'autres pays, c'est le sel qui est
fluoré (il l'est de plus en plus fréquemment en France).
En France, on reste réservé. Selon le Pr Creff, par exemple, la marge de sécurité est étroite. L'apport
optimal est estimé de 1 à 1,5 mg/1, mais l'action deviendrait toxique pour des concentrations légèrement supérieures.
Le Dr Monique Astier Dumas, membre du Conseil supérieur d'hygiène, préconise la prudence. Il faut se méfier de la systématisation
de la prophylaxie collective, surtout quand la marge de sécurité est étroite. Et, là, on ne peut pas systématiser toutes les variables.
La fluoration de référence est établie sur la base de la concentration (1 mg/1) et du volume moyennement consommé. Mais, en pratique,
les enfants boivent de 0,5 à 2 litres.
En outre, on ignore tout, ou presque, de la façon dont les aliments concentrent éventuellement le fluor en fonction de la cuisson,
des préparations culinaires, etc. (même la nature du récipient peut influencer leur teneur) ;
sans compter les inégalités individuelles vis à vis de l'absorption et le passage dans l'organisme d'une partie du
fluor présent dans les dentifrices et les bains de bouche.
Lorsqu'on constate que la fluoration de l'eau, en Irlande, a entraîné une fluorose dans près de la moitié de la population,
on peut se féliciter de la position française.
En pratique, il est très difficile d'évaluer la quantité prise par un enfant. Les laits industriels et les
préparations diététiques lactées pour les nourrissons en contiennent des quantités très variables, selon que
l'eau utilisée pour la fabrication industrielle ou la préparation des biberons en contient plus ou moins.
Il en est de même pour les autres aliments pour enfants (viandes, légumes, céréales, jus de fruits).
En fait, on en ignore l'apport, peutêtre plus important qu'on le croyait jusqu'alors.
Actuellement, on propose les taux de : 0,25 mg/jour de 6 mois à 2 ans ; 0,50 mg/jour de 2 à 3 ou 4 ans ; 1 mg de 3 ou 4 à 16 ans,
sous forme de comprimés de fluorure (1 mg de fluor ou 2,2 mg) de fluorure de sodium) dès que l'âge le permet, â sucer
lentement pour application locale au niveau des surfaces dentaires.
En effet, on admet aujourd'hui qu'après l'éruption des dents le fluor agit surtout par voie topique (locale).
D'où le développement des autres méthodes : bains de bouche, pâtes dentifrices, qui peuvent s'avérer suffisants et éviter
la prise de fluor en supplément. Pour être efficace, le traitement doit être suivi régulièrement pendant de longues années.
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