Le manganèse active certaines opérations biochimiques, interfère avec le métabolisme des sucres
et du vitamine K.
Si l'on en manque, ce qui est rare, il faut corriger le déficit. Si l'on n'en manque pas, une prise excessive est potentiellement dangereuse.
DÉCOUVERTE
Le manganèse a été découvert par les chimistes au milieu du XIXe siècle, dans la carotte, la betterave,
la canne à sucre, le café, le thé.
Son rôle essentiel dans l'activation de plusieurs enzymes a été mis en évidence par Gabriel Bertrand, en 1903 ; à cette époque, celui ci découvre que son
insuffisance dans le sol entraîne une diminution de rendement de l'avoine.
Il observe aussi que, ce qui compte, ce n'est pas le taux total dans
le sol, mais celui de la fraction assimilable.
En 1912, il démontre sa nécessité pour les végétaux d'après une étude sur une petite algue,
l'Aspergillus niger : en cas d'absence totale, la culture est stérile ; s'il en existe des traces infimes
(millionième de gramme par litre), le végétal se reproduit et croît.
Cette découverte a été le point de départ d'études importantes, qui ont contribué à bouleverser l'agronomie.
En 1928, il fait la même démonstration pour la croissance de la souris. Depuis
lors, beaucoup de travaux ont montré que, outre l'arrêt de la croissance, la carence en manganèse entraînait débilité, atrophie des
testicules, stérilité, diminution de l'activité de certaines enzymes (telle l'arginase du foie).
CARACTÉRISTIQUES
Un organisme adulte en contient environ de 10 à 20 mg. La quantité la plus importante se trouve dans l'os, le
foie et les reins.
RÔLES
Le manganèse active un certain nombre d'enzymes et peut intervenir en inhibant dans certaines cellules les mouvements du vitamine K.
Il joue un rôle encore mal éclairci dans l'équilibre de la glycémie (taux de glucose, le sucre principal qui circule dans le sang)
et la synthèse du cholestérol, ainsi que dans la formation du squelette.
En revanche ses rôles dans la synthèse de l'urée et dans la neutralisation de l'anion superoxyde,
un radical libre, dans les centrales énergétiques de la cellule, les mitochondries sont bien connus.
Via l'enzyme concernée, la SOD, le manganèse a donc, dans les mitochondries, comme le cuivre dans le milieu cellulaire, un rôle anti-oxydant.
Mais, comme le cuivre, il peut être, au contraire, lorsqu'il se trouve soit en excès, soit mal contrôlé, un pro oxydant toxique.
Le cerveau semble particulièrement sensible à ces effets négatifs du manganèse, qui est impliqué dans certaines formes de la maladie de Parkinson.
BESOINS
Ils sont estimés en moyenne à 8 mg/jour. Les aliments en fournissent de 6 à 8 mg/jour.
SOURCES
Très répandu dans les aliments, on le trouve notamment dans les céréales et leurs dérivés (farine de blé, maïs,
riz, orge, avoine, soja, pain complet, son), les légumes secs, les oléagineux (amandes) et le thé.
SIGNES DE CARENCE ET DE DÉFICIENCE OU DE SURDOSAGE
Comme dans le cas du cuivre, les déficits semblent rares et n'entraînent pas de signes connus.
En revanche, les signes d'intoxication sont mieux connus, notamment par voie aérienne chez les mineurs
qui peuvent développer une maladie très proche de celle de Parkinson.
Les cas d'intoxication par voie orale sont exceptionnels dans la littérature. Néanmoins,
il est probable que les surcharges légères soient plus fréquentes que les déficits et qu'elles aient des effets négatifs.
Le cerveau du nouveau né, dont la capacité de concentration du manganèse est très supérieure
à celle de l'adulte, serait particulièrement vulnérable. En excès, le manganèse peut être mutagène il modifie le programme des gènes).
PRESCRIPTION
Les pratiques qui consistent à mettre du manganèse dans les complexes minéraux vitaminiques sont donc à reconsidérer.
Le manganèse, comme le cuivre et le fer, ne doit être donné que lorsqu'un déficit est déduit par dosage,
même si celui ci, en ce qui concerne le manganèse, est techniquement difficile à réaliser.
L'administration de manganèse à dose réduite par les oligo-thérapeutes dans des indications très
nombreuses n'est malheureusement pas confortée par des études ; elle devrait probablement être prudente et limitée à des traitements courts.
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