Une longue histoire
La médecine par les plantes est vieille comme le monde. Elle fait partie de la tradition et s'inscrit dans l'inconscient collectif.
Très tôt l'homme a cheminé dans la nature environnante, dans cet océan végétal qui lui apportait oxygène et vie, pour y puiser
les bienfaits et adoucir ses souffrances.
Sur leurs tablettes aux caractères cunéiformes, dont certaines ont été retrouvées, les Assyro-Chaldéens
inscrivaient des recettes médicinales à base de plantes.
Le fameux papyrus d'Ebens, document protohistorique remontant à la sixième dynastie pharaonique égyptienne soit
environ vingt-quatre siècles avant notre ère, répertorie plus de neuf cents plantes couramment utilisées à cette
époque sur les bords du Nil.
On y relève l'éloge du FENOUIL, du THYM, du LOTUS...
Dans la relation qu'il fait de son voyage en Égypte, Hérodote décrit avec admiration le merveilleux jardin médicinal
entourant le temple d'Efdou, consacré au culte d'Horus.
Hippocrate, le plus grand médecin de l'Antiquité, souvent appelé « père de la médecine » à tel point que, de nos jours,
les futurs médecins prêtent le « serment d'Hippocrate », dont une des règles
essentielles est primum non nocere, « avant tout ne pas nuire ».
Cinq cents ans avant notre ère, il recommandait la « dérivation des humeurs délétères » nous dirions aujourd'hui qu'il conseillait
de drainer les toxines de l'organisme par des purgations à base de SÉNÉ et d'HELLÉBORE ou encore par des traitements diurétiques
avec le ROMARIN et l'OLIVIER. Il prescrivait également des régimes alimentaires à base de légumes et de fruits frais,
ainsi que des bains aromatiques et balsamiques.
A sa suite, les médecins grecs et romains de l'Antiquité surent donner à la médecine végétale la place qu'elle méritait.
Les avantages de la phytothérapie
La phytothérapie est l'ensemble des traitements utilisant les plantes, sous diverses formes.
Et ces formes, nous allons le voir, sont multiples.
La phytothérapie ne présente pas seulement l'avantage de pallier l'effet iatrogène.
C'est à la fois un retour à une médecine traditionnelle et une ouverture vers une médecine moderne, capable d'apporter une réponse
aux multiples maux actuels, et au premier chef cette fatigue dont nous allons longuement parler.
C'est pourquoi on peut parler de phytothérapie rénovée.
Paradoxalement, la phytothérapie permet une bonne adaptation à l'évolution de la pathologie
(ensemble des maladies) moderne, même si la chimiothérapie reste encore majoritaire.
La pathologie actuelle évolue selon ces deux orientations pouvant se conjuguer, tout en restant assez différentes :
• D'une part on observe de très graves maladies, ayant peut-être toujours existé, mais actuellement diagnostiquées
et traitées efficacement par des remèdes relevant d'une médecine « héroïque » et légitimement brutale.
C'est le cas de la tuberculose, de la syphilis, de toutes les maladies infectieuses graves contre lesquelles il
convient d'user d'antibiothérapies précises.
Remarquons au passage que la plupart des antibiotiques sont d'origine végétale, puisque obtenus à partir de microchampignons,
Penicillium et Streptomyces. C'est également le cas de cette tragique et nouvelle affection,
le sida, ou encore de tous ces cancers dont la multiplication est préoccupante.
Les traiter par la phytothérapie traditionnelle serait tout à fait déraisonnable. Il existe des protocoles
médicamenteux précis, dont les succès sont remarquables et qui doivent donc être respectés.
• Mais, rançon de cette efficacité, ces médications se révèlent à la longue toxiques.
« Un bon médicament est un médicament dangereux», écrit le professeur Jacob, on doit donc ne l'utiliser que pour des affections graves et déterminées.
Or, les trois-quarts des maladies apparemment mineures (de nature fonctionnelle et/ou chronique),
n'ayant pas nécessité une hospitalisation, débouchent la plupart du temps sur un état lésionnel
si un traitement n'est pas suivi. Après avoir simplement provoqué des symptômes fonctionnels,
l'organe finit par être réellement atteint.
C'est ainsi que le gastritique finira par faire son
ulcère, Hélicobacter ou non, le colitique ses polypes plus ou moins bénins, l'hypertendu
cérébral ou le grand dystonique neurovégétatif une dépression accentuée et invalidante.
C'est donc dans tous ces cas très nombreux que des médications à la fois douces et efficaces,
différentes de ces molécules chimiques lourdes de toxicité, démontrent à la fois leur efficacité
et leur intérêt thérapeutiques.
Mais tous les praticiens ne voient pas les choses sous cet angle, d'où la multiplication des intoxications iatrogènes.
On traite lourdement et longuement des affections bénignes, installées dans la durée, avec des moyens qui
s'apparentent au marteau-pilon pour écraser une mouche.
Des exemples, qui vous rappelleront peut-être des
cas observés autour de vous? Des hypertensions légères traitées à grand renfort de bêtabloquants,
d'inhibiteurs d'enzymes qui font tousser; des colopathies dont on calme les crampes et les gaz avec des antispasmodiques et des tranquillisants majeurs, etc.
Cette pollution médicamenteuse peut être évitée et les plantes présentent une alternative efficace et non toxique.
Cependant, comme nous le disions plus haut, toutes les plantes
ne sont pas dénuées de toxicité. La BELLADONE, la JUSQUIAME, le délicat COLCHIQUE,
la DIGITALE, recèlent des alcaloïdes et des hétérosides
qui peuvent tuer. Elles entraient d'ailleurs dans la composition de ces « bouillons de sorcière » en vogue au Moyen Âge.
Peu nombreuses, mais répertoriées, ces plantes toxiques sont bien connues des botanistes et des pharmacologues.
Elles ne peuvent faire l'objet de prescriptions médicales que minutieusement dosées.
En fait, la très grande majorité des plantes utilisées depuis des siècles, aux doses auxquelles nous les
utilisons, ne sont pas toxiques. A condition évidemment de ne pas en faire un usage abusif et de trop
longue durée. Mais c'est aussi le cas pour d'autres produits végétaux alimentaires tels le café, le thé,
le vin et la bière dont il faut évidemment user avec modération.
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