Introduction
Dans la nature, le SILICIUM est un élément chimique omniprésent : il
représente en effet plus du quart des composants de la croûte terrestre. II
intervient en permanence dans de nombreux domaines de notre vie.
Depuis les outils en silex de l'homme préhistorique jusqu'aux composants
électroniques les plus sophistiqués ( Silicone Valley ) Il est présent dans
les tissus de tous les organismes vivants. Sa présence y est nécessaire
dans le monde végétal comme dans le monde animal.
Sa véritable importance en biologie n'est cependant connue que depuis
quelques dizaines d'années. Jusqu'alors, seules ses formes minérales
étaient étudiées par les chimistes et employées en médecine. La découverte,
en avril 1957, du premier composé organo-silicié utilisable en
thérapeutique a en premier lieu ouvert un nouveau chapitre de la biochimie.
Elle a aussi amené à mieux comprendre certains mécanismes cellulaires. Elle
a enfin permis la réalisation de nouveaux agents thérapeutiques aussi
puissants qu'inoffensifs.
Les dérivés organiques du silicium se sont montrés capables d'exercer une
action favorable sur de nombreux phénomènes pathologiques : le
vieillissement et la sclérose des tissus, de graves affections
cardio-vasculaires comme l'infarctus du myocarde ou les artérites
oblitérantes des membres, les maladies dégénératives du système nerveux.
Ils trouvent leur indication en rhumatologie. ils possèdent des propriétés
antivirales. Par leur action régulatrice sur la division cellulaire, ils
présentent un intérêt considérable en thérapeutique anticancéreuse.
Le silicium en médecine :
Historique
L'importance du silicium en biologie est une notion de découverte récente.
Elle n'a pas encore suffisamment retenu l'attention des scientifiques et
des médecins. Présent dans tous les organismes vivants, le silicium
intervient dans de nombreuses réactions métaboliques et se montre
indispensable à l'édification normale des tissus.
De l'Antiquité au XXième siècle.
La difficulté du dosage du silicium dans les tissus vivants a retardé son
étude scientifique jusqu'au milieu du XX ième siècle. Les propriétés
bienfaisantes de certains produits siliciés sont pourtant connues et
utilisées empiriquement depuis des siècles.
L'usage de l'argile et des boues argileuses remonte à l'Antiquité. Employé
en Inde, en médecine ayurvédique, puis par les arabes, l'extrait d'un
bambou riche en silicium, le tabashir, trouvait et trouve encore
aujourd'hui son indication dans les rhumatismes inflammatoires et les
phénomènes de décalcification osseuse.
Au Moyen âge, Sainte Hildegarde de Bingen avait intégré dans sa pharmacopée
de nombreuses roches et pierres précieuses, dont la plupart étaient riches
en silice.
Paracelse, de son côté, préconisait des silicates pour traiter les
affections vénériennes.
Les eaux thermales contenant de la silice sont employées depuis les Grecs
et les Romains. Un pouvoir magique leur était attribué. L'eau de la source
Castalie, à Delphes, était réputée pour développer la mémoire. Au cours de
l'Histoire, les cures thermales furent toujours en vogue. Au XVI ème
siècle, les mignons du roi Henry III venaient à Sail-les-Bains pour y
soigner leurs affections vénériennes. Les belles dames de la cour s'y
rendaient, elles, pour y faire une cure de jouvence et de beauté.
Le XIXème siècle vit la chimie prendre son essor. La thérapeutique fit
alors couramment usage des silicates. En 1855, CLAUDER traite la goutte par
ce moyen. SOCQUET, de Lyon et BONJEAN, de Chambéry, notent l'action
dissolvante des silicates sur les calculs uriques. Mais, à cette époque,
l'emploi des silicates se heurtait à une difficulté. En effet, si le
Professeur PICOT, de Bordeaux, rapportait à l'Académie des Sciences
l'action antiferementescible du silicate de soude, il en soulignait aussi
la toxicité lorsqu'on l'administrait par voie interne.
Il fallut attendre 1901 pour que SIRFRIED apporte l'explication de cette
toxicité. Elle était liée à l'emploi de solutions impures contenant de la
soude libre. A partir de ce moment, les auteurs peuvent employer les
silicates sans danger et notent leur action sur l'artériosclérose (Lecène
OLIVIER - 1904), l'hypertension artérielle (BODIN - 1908). SCHEH- R
l'administre par la voie intraveineuse. Ce mode d'administration se montre
efficace contre le prurit sénile (LUITKEN, de Vienne - 1927). Citons une
dernière référence classique, la thèse de Jean-Pierre LAPOUGE (Bordeaux -
1934) qui fait le point de l'en semble des applications connues à cette
époque.
Le silicium était alors employé en thérapeutique de quatre façons : - soit
sous ses formes minérales, boues et argiles ;
- soit sous la forme de produits phytothérapiques à base de prêle ou de
bambou ;
- soit en employant des eaux thermales siliceuses, comme par exemple celles
de la Roche -Posay ou de Saint Gervais-les-Bains indiquées dans le
traitement des dermatoses, celles de Sail-les-Bains employées à la fois
contre les dermatoses et contre l'arthritisme, celles de Plombières,
utilisées dans les affections du côlon et celles du système nerveux, celles
de Bagnoles de l'Orne plus spécialisées dans les troubles de la circulation
veineuse ou encore, pour les voies respiratoires, celles de Cauterets.
- soit enfin en administrant des silicates ou de la silice, en particulier
sous la forme de silice colloïdale.
Mais, malgré d'indiscutables résultats, la thérapeutique silicatée ne
parvint pas à réellement s'imposer. Son efficacité restait limitée.
L'organisme assimile difficilement les dérivés minéraux du silicium "silice
ou silicates. Comme le précise le Professeur VORONKOV (34) :
"Tous ces composés sont insolubles ou dégagent, au contact du suc
gastrique, un acide silicié insoluble."
Silice et silicates sont des formes oxydées. Pour que le silicium devienne
disponible et puisse entrer dans un circuit métabolique, il faut que soit
rompue la liaison SI-O qui est une liaison très solide :
I Si+02 - SiO2 + 200 kilocalories.
L'organisme humain est incapable de rompre cette liaison. Comme tous les
organismes animaux, il est hétérotrophe, ce qui signifie qu'il ne peut
assimiler certains minéraux que lorsqu'ils ont déjà été prélevés dans le
sol par des végétaux, organismes autotrophes capables de les intégrer dans
des circuits biologiques.
Cette remarque permet de saisir toute l'importance de la découverte de
dérivés assimilables, les composés organosiliciés.
La découverte des composés organosiliciés.
En avril 1957, Norbert DUFFAUT découvrait le premier composé organosilicié,
le DN1, soluble, assimilable et dépourvu de toute toxicité. Il s'agit d'un
complexe contenant de l'acide ascorbique (vitamine C). Non toxique, il
parut d'emblée susceptible de présenter un intérêt thérapeutique. L'étude
en a été faite, à la Faculté de Pharmacie de Bordeaux, par le Professeur
QUILICHINI, ont été rapportés dans une première publication de MONCEAUX
(23) et ont inspiré la thèse de pharmacie du Docteur AUMONIER (1).
Le DN1 présentait toutefois un inconvénient il se conservait très mal. En
substituant à l'acide ascorbique l'acide salicylique, un acide voisin de
l'aspirine, Norbert DUFFAUT réalisa le DNR, produit qui devait être
spécialisé en 1971 sous le nom de Conjonctyl et remboursé par la Sécurité
Sociale. Ce qui prouve bien que la légende affirmant que Norbert DUFFAUT ne
put arriver à faire tester sa molécule est absolument sans fondement.
D'autres acides organiques peuvent remplacer l'acide ascorbique dans la
formule du complexe, par exemple l'acide citrique, pour donner le DNC.
Premiers essais. Premières observations.
Au cours de l'année 1960 et de celles qui la suivirent, les essais se
multiplièrent.
En 1961, un cardiologue bordelais, le Docteur Guy-Roland RAGER, fut le
premier à administrer par voie intra-veineuse et par ionocinèse le DNR à
ses malades et constater sa puissante action sur l'état de mal angineux,
l'infarctus du myocarde et les artérites oblitérantes des membres (26 -
27). Les électrocardiogrammes, artériographies et coronarographies ont
objectivé de façon indiscutable les guérisons obtenues.
En 1962, une épidémie de myxomatose décimait les lapins de la région
bordelaise. Elle nous fournit l'occasion d'essayer pour la première fois le
DNR dans le traitement d'une maladie provoquée par un virus. Administré par
injections, le DNR seul fut totalement inefficace. La pénicilline,
administrée seule, fut elle aussi sans effet. Par contre, le mélange des
deux produits, DNR + Pénicilline, amena la guérison de tons les lapins
traités, à l'exception de ceux qui étaient déjà mourants au début du
traitement. De cet essai, il convient de retenir deux notions : l'une, le
fait que le silicium organique réalise une synergie puissante avec d'autres
médicaments et peut élargir leur spectre d'action ; l'autre, l'espoir que,
dans l'avenir, le silicium organique puisse permettre de s'attaquer
efficacement aux affections virales.
Ces constatations nous conduisirent à associer au silicium organique de
multiples médicaments. Toujours en 1960, nous avons essayé son association
avec l'hyposulfite de sodium (Sodothiol) ou de magnésium (Emgé Lumière),
médicaments efficaces dans le traitement des affections vésiculaires et,
selon Auguste LUMIÈRE (22), capables d'éviter la floculation des colloïdes
tissulaires. Administré par ionocinèse au niveau du foie, l'association DNR
+ hyposulfite s'est montrée capable d'agir très rapidement sur les crises
douloureuses vésiculaires.
Nous devons à ce savant de réputation mondiale, entre autres découvertes,
celle des premiers tests de labilité plasmatique, permettant pour chaque
malade, par des bilans biologiques pratiqués à intervalles réguliers, de
mesurer l'évolutivité de sa maladie et les effets produits par la
thérapeutique. Pour la surveillance du cancer, cette technique porte le nom
de cancérométrie. Les essais cliniques pratiqués selon cette méthode mirent
en évidence une indiscutable influence favorable du silicium organique sur
l'évolution tumorale.
Avec Bernard GRUBIS, Norbert DUFFAUT mit au point une méthode physique de
haute précision pour retrouver et doser les composés organo-siliciés dans
les tissus vivants (10). II put ainsi constater l'universalité de leur
présence dans tous les êtres vivants.
Études sur la biologie du silicium.
Ces premiers essais ont attiré l'attention sur les vastes possibilités
offertes par le silicium et ses dérivés. De nombreux travaux furent alors
consacrés, en France et à l'étranger, à la biologie et au métabolisme du
silicium.
Ces travaux ont confirmé que cet élément était un composant essentiel de
tout organisme vivant. Il conditionne la structure des tissus de soutien.
Il entre dans la composition de nombreuses macromolécules biologiques, en
particulier des constituants du tissu conjonctif.
En 1966, LOEPER (21) rapporta le résultat des dosages du silicium pratiqués
dans différents tissus du rat, du lapin et de l'homme.
Il put constater que les organes riches en tissu conjonctif et élastique
contiennent beaucoup plus de silicium que le foie, le rein ou le cour.
Chez l'homme, des aortes normales et pathologiques, prélevées au cours
d'autopsies de sujets de tous âges, y compris des nourrissons et des jeunes
enfants, ont été examinées. Première constatation d'une importance
considérable : la teneur en silicium diminue considérablement avec l'âge.
Cette diminution commence dès l'âge de dix ans. En général les hommes ont
un taux de silicium plus élevé que les femmes. Autre constatation
importante : l'atteinte athéromateuse est toujours liée à une diminution
très nette de la teneur en silicium de l'aorte.
LOEPER a tenté de vérifier expérimentalement ces constatations en
provoquant des lésions athéromateuses chez le lapin. Il a également cherché
à savoir si un apport sous la forme de sels de silicium pouvait
empêcher ou tout au moins de tarder le développement de l'athérome.
L'auteur a tiré de ces observations les conclusions suivantes :
* l'abaissement de la teneur: silicium est certain et constant au cours de
l'athérome ;
* le silicate de sodium n'empêche pas l'athérome de s'installer. Toutefois,
il le réduit nettement. Surtout, il conserve aux fibres élastiques leur
intégrité.
Un fait permanent ressort des investigations sur les liaisons entre le
silicium et l'élastine : la teneur des tissus en silicium varie de façon
inversement proportionnelle au degré d'altération des fibres d'élastine.
Bref, pour LOEPER, le silicium apparaît comme un élément indispensable à la
conservation de l'intégrité des artères.
Composés organosiliciés L'expérimentation animale.
Les recherches de LOEPER ont montré l'importance du silicium en pathologie
vasculaire, mais elles ont aussi précisé le caractère limité de
l'efficacité des silicates. La remarquable action du DNR observée en
clinique par RAGER sur de graves affections cardiaques ou artérielles
conduisit le Docteur GENDRE à entreprendre une importante expérimentation
animale. Les résultats en sont rapportés dans sa thèse de Doctorat
ès-sciences, soutenue en 1964 (9). L'étude portait sur l'athérome
expérimental du lapin. Deux lots de lapins, destinés à être comparés avec
un troisième lot de lapins témoins, sont soumis à un régime alimentaire
athérogène. Le premier lot ne subit aucun traitement. Le second est traité
par les composés organosiliciés. En fin d'expérience, tous les lapins sont
sacrifiés. Les artères des lapins de chaque lot sont examinées
macroscopiquement, puis au microscope optique et, enfin au microscope
électronique. De nombreuses microphotos sont prises, réalisant un
volumineux dossier iconographique. Ces examens montrent :
- dans les artères des lapins non traités, une très grave détérioration de
leurs artères par d'importantes lésions athéromateuses.
- les artères des lapins traités, au contraire, apparaissent exemptes de
lésions et montrent même, en comparaison avec celles de lapins témoins, un
développement considérable des fibres collagènes. De la comparaison entre
l'étude de LOEPER et celle de GENDRE, il ressort une différence entre
l'action favorable mais limitée des silicates et celle beaucoup plus
puissante, du silicium organique.
A partir de 1970, les études se multiplient sur le rôle du silicium dans la
constitution des glycoprotéines de structure en particulier celles du tissu
conjonctif. Toutes mettent en évidence, pour le silicium, son caractère de
composant indispensable.
En 1978, les travaux de Klaus SCHWARTZ (29) ont montré la teneur en
silicium très élevée du mésenchyme embryonnaire. Il a observé l'action
activatrice du silicium organique sur la croissance des jeunes rats.
Des constatations analogues furent faites à la même époque par Madame Edith
CARLISLE (3 - 4) sur la croissance des poussins. Un régime carencé en
silicium entraîne un retard de croissance et une fragilité du tissu osseux.
Synthèse de nouvelles molécules.
Parallèlement à ces travaux, les biochimistes orientèrent leurs recherches
vers la synthèse de nouveaux dérivés du silicium.
En 1973, le Professeur Friedrich MEYER, le Professeur Ulrich WANNAGAT et
les chercheurs de l'Institut de Chimie Anorganique de l'Université de
Brunswick remarquèrent un fait d'une grande importance pratique : une
liaison ester C-O-C est très stable vis-à-vis de l'attaque de l'eau. Par
contre, la substitution d'un atome de silicium à un atome de carbone donne
une liaison Si-O-C beaucoup plus labile et capable de se dissocier en une
demie heure. Dans un médicament, une telle substitution peut permettre,
tout en lui conservant ses propriétés pharmacodynamiques, de réduire sa
durée d'action et ses effets secondaires indésirables. Le fait a été
expérimentalement démontré en mesurant la durée d'action d'un
antispasmodique ainsi modifié sur la motricité de l'intestin du marsouin
(36). Cette propriété a été retrouvée, par exemple, par l'auteur américain
R.J. FESSENDEN en substituant un atome de silicium à de carbone dans la
molécule du méprobamate.
Les travaux du Professeur VORQNKQY.
A partir de 1964, une autre voie de recherche a été ouverte par le
biochimiste russe M. G. VORONKOV (34) qui fut directeur de
l'Institut de synthèse Organique de l'Académie des Sciences de Lettonie,
puis directeur de l'Institut de Chimie Organique d'Irkoutsk, en Sibérie.
Au lieu de se contenter de pratiquer simplement la substitution d'un atome
de carbone par un atome de silicium dans des molécules déjà connues, il fit
la synthèse de toute une famille de molécules nouvelles qui n'ont pas
d'équivalent dans la nature, les silatranes. À la différence de tous les
autres composés siliciés, connus pour leur totale innocuité, les silatranes
présentent tous une certain degré de toxicité. En particulier l'un d'entre
eux, le 1-arylsilatrane, produit soluble dans l'eau, incolore, inodore, est
un poison violent utilisable comme raticide. Afin de préciser leurs
possibilités d'utilisation, il a donc fallu étudier les effets biologiques
de chacune de ces molécules nouvelles, définir leur dose léthale et
déterminer avec précision leur posologie.
Le Professeur VORONKOV a exposé le résultat de ses recherches dans son
livre : "Silicium et vie" (35) dont il n'existe pas de traduction en
Français.
Ces travaux présentent un indiscutable intérêt pratique et ouvrent une voie
de recherches très prometteuse. Toutefois, les dérivés synthétisés n'ont
pas d'équivalents naturels, sont totalement étrangers à l'organisme,
inassimilables, incapables de s'intégrer à la structure des tissus vivants
et, en particulier, à la formation des molécules de soutien du tissu
conjonctif.
Le silicium organique en thérapeutique.
Les composés organosiliciés découverts par Norbert DUFFAUT sont, au
contraire, des molécules simples, de faible poids moléculaire,
caractérisées par leur absence de toxicité et leur bio-disponibilité.
Connus depuis plus de quarante ans, ils ont été largement employés en
clinique par divers auteurs. Il est frappant de remarquer la grande variété
de leurs possibilités thérapeutiques. Ont déjà été cités les travaux du
Docteur RAGER, en pathologie cardio-vasculaire. Un gynécologue bordelais,
le Docteur Marc LEVRIER les a essayés avec succès en pathologie mammaire
(20). Le Docteur Pierre PLAGES, de Montauban, a publié les résultats qu'il
a obtenus dans le traitement des affections de la bouche (25).
Ce survol de l'histoire du silicium en médecine donne un aperçu de
l'évolution des idées sur les possibilités thérapeutiques que les dérivés
de cet élément peuvent offrir. Il fut très longtemps utilisé d'une manière
purement empirique, Le caractère fondamental de son importance biologique
n'a été découvert que relativement récemment. Au terme de quarante années
d'expérience, il apparaît aujourd'hui certain, comme le prédisait déjà
L.PASTEUR en 1878 :
" le Silicium est appelé à révolutionner nos méthodes thérapeutiques. "
Le silicium en chimie
Particularités physico-chimiques du silicium.
Pour bien comprendre l'importance biologique du silicium, il est utile de
retenir quelques unes des particularités physiques et chimiques de cet
élément. Isolé par BERZÉLIUS en 1803, le silicium occupe, dans la
classification périodique des éléments, la colonne IV, la même que le
carbone. Cette position est tout à fait remarquable : à la gauche de cette
colonne figurent des éléments nettement électropositifs, à sa droite, des
éléments électronégatifs. Sa situation dans cette zone intermédiaire
confère au silicium des affinités à la fois électronégatives et
électropositives, lui permettant aussi bien de se combiner à l'oxygène qu'à
l'hydrogène, de former avec l'un la silice, SiO2 ou, avec l'autre,
l'hydrure de silicium SIH4, appelé aussi monosilane ou, par analogie avec
le méthane, silicométhane. Par rapport au carbone, le silicium est un peu
plus électropositif.
De la même façon que le dioxyde de carbone CO2 peut être considéré comme
l'anhydride de l'acide carbonique, la silice SiO2 représente l'anhydride de
l'acide orthosilicique SiO4H4, acide capable de se combiner avec les métaux
pour former des silicates.
Le silicium partage avec le carbone l'aptitude à se combiner à lui-même et
à former des chaînes. Il peut aussi se lier au carbone, pour former des
composés organosiliciés. Cette combinaison peut se faire par une liaison
directe Si-C, ou par l'intermédiaire d'un atome d'oxygène SI-O .
Comme l'atome de carbone, l'atome de silicium peut contacter quatre
liaisons. il est donc tétravalent mais, à la différence du carbone, il ne
contracte jamais de double liaison.
Son numéro atomique est 14, sa masse atomique, 28. Plus lourd que l'atome
de carbone, de masse atomique 12, l'atome de silicium est aussi plus
volumineux. Il en résulte que, dans une molécule, le remplacement d'un
atome de carbone par un atome de silicium engendre une déformation de cette
molécule et peut en modifier les propriétés.
L'oxydation du silicium s'accompagne d'un très important dégagement de .
chaleur :
Si + 20 -- SiO2 + 200 kilocalories
Ce qui signifie que la liaison entre silicium et oxygène résultant de cette
combustion est très solide et demande, pour être rompue, la même quantité
d'énergie.
L'oxydation du silicium ou de l'un de ses composés organiques représente
une totale déperdition d'énergie et le retour à l'état minéral. Il est
permis de dire qu'il existe, entre le silicium et la silice, la même
différence qu'entre le fer et la rouille. Ainsi s'explique qu'il existe,
entre les composés organo-siliciés et les dérivés minéraux du silicium, une
différence fondamentale de leurs propriétés biologiques.
Le silicium en chimie minérale.
Les silicates, sels de l'acide orthosilicique, sont très répandus dans la
nature. Les silicates alcalins artificiels avec excès d'alcali sont seuls
solubles. Ils sont aussi les seuls qui intéressent le biologiste et le
médecin.
Le silicate de potasse, SiO3K2+H20 est appelé aussi liqueur des cailloux,
verre liquide ou verre soluble, en latin Kalium silicium solutum. Sa
solution se présente sous la forme d'un liquide incolore, très légèrement
opalin, visqueux. Il absorbe le dioxyde de carbone atmosphérique et doit,
pour cette raison, être conservé bouché. Il est décomposé par les acides
étendus avec formation d'un volumineux précipité de silice.
Au début du XXème siècle, ce précipité de silice a été proposé par MOUGEOT,
de Bar-sur-Aube, comme excipient pour préparer des cataplasmes et des
pommades.
Plus léger que le plâtre, le silicate de potasse a été employé par MICHEL,
de Cavaillon, pour la confection d'appareil de contention et de
consolidation des fractures.
Rappelons la place importante qui était faite au silicate de potasse dans
la thérapeutique de l'artériosclérose, de l'hypertension artérielle, de la
diathèse urique et de la goutte.
le silicate de soude, antiseptique analogue au borax été préconisé par
ROBIN, en solution à 6 ou 10 p.1000 en injections intravésicales ou sous la
forme de lotions antiprurigineuses.Par la voie buccale,il peut se prescrire
à la dose de 1 à 2 grammes par jour, en solution ou en granulés.Les
silicates alcalins ont l'avantage d'être solubles et de pouvoir être
absorbés.
Les silicones.
Avec les silicones, appelés aussi polysiloxanes, nous entrons dans le
domaine des dérivés synthétiques du silicium. Les silicones sont des
polymères formés d'enchaînements alternés d'atomes d'oxygène et de
silicium. Un monomère, le motif de base, contracte une liaison avec le
monomère suivant.Cette réaction provoque l'élimination d'une molécule
d'eau. A partir du diméthylsilanediol se forme une chaîne bidimensionnelle.
CH3 CH3 CH3
OH-Si-- 'H::::Q. --Si- u § § ta--Si- OH
CH3 CH3 CH3
Les silicones se présentent sous la forme de produits huileux, de graisses,
d'élastomères ou de résines. Leurs applications industrielles sont
multiples. En thérapeutique, leur intérêt est très limité : ils n'ont
aucune toxicité mais, hydrophobes, insolubles et chimiquement très stables,
ils sont dépourvus de toute activité pharmacodynamique. Dans la composition
de préparations cosmétiques, ils n'y jouent que le rôle de supports. En
chirurgie esthétique, ils servent à la confection de prothèses mammaires.
Par la voie buccale, ils sont employés comme pansements des muqueuses
digestives. Ils exerceraient une action sur les gaz intestinaux. En résumé,
leur intérêt médical demeure très limité. Tel n'est pas le cas, au
contraire, des monomères organosiliciés qui offrent une gamme très étendue
de possibilités thérapeutiques.
Les silatranes
Les molécules synthétisés par le Professeur VORONKOV n'ont d'analogie avec
aucun composé organique connu (34). Elles sont toutes construites sur une
structure de base commune comportant la présence d'un atome d'azote.
Il est permis de penser que les effets biologiques de tous ces composés
sont liés à la présence de cette liaison silicium-azote, Si -N.La liaison
silicium-azote Si-N est très analogue à la liaison carbone-azote C-N,
caractéristique de l'acide cyanhydrique et des cyanures. Il n'y a rien
d'étonnant à ce que se retrouve dans ces dérivés siliciés une importante
toxicité. Avec toutefois une différence : dans les tissus vivants, la
disparition des molécules siliciées est beaucoup plus rapide. Il est connu
que la plus ou moins grande toxicité des cyanures dépend de leur degré de
dissociation ionique. Par exemple, la très forte dissociation du cyanure de
potassium en solution le rend beaucoup plus toxique qu'un sel peu
dissociable comme le cyanure de mercure. Parmi les silatranes, il existe
aussi différents degrés de toxicité.
Aussi foudroyant que le cyanure de potassium, le dérivé 1-arylsilatrane ne
peut devoir sa toxicité qu'à un mode d'action comparable : le blocage d'une
enzyme de la respiration cellulaire.
Les propriétés thérapeutiques des divers silatranes sont à rapprocher de
celles des cyanures ou des produits phytothérapiques qui en contiennent,
par exemple l'amande amère ou le laurier-cerise..Nous retrouvons chez les
silatranes des effets sédatifs, hypnogènes, antispasmodiques, hypotenseurs.
Ils peuvent diminuer la force musculaire ou perturber la coordination des
mouvements. Certains silatranes manifestent plus sélectivement leur
toxicité vis-à des bactéries, des insectes ou des champignons.
Les plus toxiques, enfin, peuvent être employés pour la destruction des
animaux nuisibles. Le cadavre de ces animaux a l'avantage de ne présenter
aucun danger, du fait que l'agent toxique s'y décompose et disparaît en une
trentaine de minutes.
Les produits de Norbert D.UFFAUT ( SILANOLS )
Au contraire des silatranes, les composés monomoléculaires découverts par
Norbert DUFFAUT ont pour caractéristique principale leur absence totale de
toxicité. Ils constituent un apport assimilable de silicium. À ce titre,
ils méritent d'être considérés non comme des drogues mais comme des
compléments alimentaires, capables non seulement de combler d'éventuelles
carences mais aussi d'exercer une relance métabolique, en particulier au
niveau du système immunitaire.
Un atome de silicium peut porter :
soit un seul radical (OH) et trois radicaux carbonés.
S'il s'agit de radicaux méthyle CH3,
- le composé est le triméthylsilanol :
CH3
CH3 Si OH
CH3
* soit deux radicaux (OH) et deux radicaux carbonés.
* Avec deux méthyles, c'est le diméthylsilanediol :
CH3
OH-Si- OH
CH3
- soit trois radicaux (OH) et un seul radical carboné. S'il s'agit d'un
radical méthyle, c'est le méthylsilanetriol :
OH
CH3 Si OH
OH
C'est par l'intermédiaire des radicaux (OH) que se forment des chaînes de
polymères des silicones.
Lorsqu'une chaîne comporte plus de quatre atomes de silicium, la molécule
devient insoluble et hydrophobe La solubilité et le caractère hydrophile
des organo-siliciés de faible poids moléculaire est liée à la présence des
radicaux (OH). Ils sont porteurs d'une charge négative susceptible de
réagir chimiquement et d'établir des liaisons avec d'autres corps. Dans
l'espace, la molécule de méthylsilanetriol affecte la forme d'une pyramide
à base triangulaire. L'atome de silicium en occupe le centre et les quatre
radicaux en occupent les quatre sommets :
OH
OH
CH3 OH
Trois sommets portent les fonctions (OH)'. Fonctions actives, elles peuvent
se représenter comme les trois pointes d'un trident. Elles exercent leur
attraction sur les corps de charge opposée. Ainsi peuvent se former des
complexes. Cette propriété a d'importantes conséquences dans le domaine de
la thérapeutique.
Une molécule "locomotive".
Le composé organo-silicié est en effet capable d'attirer une molécule mais
il n'établit pas avec elle une véritable liaison chimique. Un pont de
nature électrostatique s'établit. Une faible énergie suffit à le rompre.
L'expérience a montré toute l'utilité pratique de ce phénomène. Le composé
organo-silicié peut, par ce mécanisme, capter un agent thérapeutique,
l'entraîner dans les tissus et le libérer à ce niveau.
Le Professeur Ulrich WANNAGAT parlait, à ce propos, du "cheval de Troie" de
Norbert DUFFAUT (36). Le Docteur Guy-Roland RAGER qualifiait le DNR de
"molécule-locomotive" (27).
Il est également permis de penser que des "effets locomotive" peuvent
spontanément se produire dans l'intimité des tissus, ce qui fournirait une
explication supplémentaire aux résultats observés en clinique.
Pénétration dans les tissus
La réalité de cette pénétration a été prouvée par l'expérimentation
animale.
L'expérience suivante, particulièrement démonstrative, a permis de la
rendre directement visible. Elle a été réalisée à la Faculté de Pharmacie
de Bordeaux (GUEYNE, QUILICHINI et DUFFAUT) (11). Elle s'appuie sur le fait
que, dans le DNR, la partie organique du "cheval de Troie" est un radical
salicylé capable de donner, en présence de perchlorure de fer, une
coloration bleue. Cette propriété fournit un moyen de déceler sa présence
dans les tissus.
L'expérience a été pratiquée sur quatre lots de rats.
Sur la peau (préalablement rasée) des rats du premier lot est appliquée une
compresse imbibée d'une solution de salicylate de soude.
Une compresse imbibée de la même solution est appliquée sur les rats du
deuxième lot mais, sur la compresse, est placée une électrode reliée au
pôle négatif d'une source de courant. Une seconde électrode, reliée au pôle
positif, est placée à un autre endroit du corps, pour fermer le circuit.
Le troisième lot reçoit une compresse du complexe organosilicié +
salicylate (DNR).
Le quatrième lot, avec une compresse de la même solution de DNR est soumis
à un champ électrique, dans les mêmes conditions que le second. En fin
d'expérience tous les rats sont sacrifiés. La présence du salicylate dans
leur tissus est recherchée à l'aide de perchlorate de fer.
Les résultats montrent :
- pour le premier lot de rats, quelques traces dans le tissu cellulaire
sous-cutané.
- pour le deuxième lot, une coloration plus nette de ce tissu. Le
salicylate seul a donc été introduit en quantité plus importante sous
l'effet du champ électrique.
- pour le troisième lot, une coloration plus nette encore. Le silicium seul
a suffi pour entraîner le salicylate.
- le quatrième lot montre non seulement une intense coloration du tissu
cellulaire sous cutané mais cette coloration se retrouve aussi dans
certains viscères.
Lot de rats Compresse courant Coloration
Lot N° l Salycylate Non traces
Lot N°2 Salicylate Oui +
Lot N°3 Complexe Non ++
Lot N°4 Complexe Oui +++
Comme l'expérience clinique a permis de le constater, de très nombreux
agents thérapeutiques peuvent, de la même façon, se complexer avec le
méthylsilanetriol. Leur administration, en particulier sous la forme
d'applications locales, s'en trouve facilitée. De plus, les produits,
libérés au niveau où ils doivent exercer leur action, voient ainsi leur
efficacité thérapeutique locale renforcée.
Nous serons appelés à revenir sur cette propriété originale qui donne aux
composés organo-siliciés une place unique dans l'arsenal de nos moyens
thérapeutiques.
La synthèse des composés organo-siliciés, telle que la décrit J. DUNOGUÈS
(6), est relativement simple.
Elle nécessite d'abord l'obtention du silicium par réduction au carbone de
la silice dans un four électrique.
S1O2+2C---- Si + 2 CO
On fait ensuite agir sur le silicium du chlorure de méthyle à chaud et l'on
- obtient un mélange de chlorosilanes : (CH3)2 Si Cl2 :
diméthylchlorosilane
CH3 Si CI3 : méthyltrichlorosilane ; (CH3 )3 Si Cl : triméthylchlorosilane
CH3 Si H Cl2 : méthyldichlorosilane.
dont le composé principal est le diméthylchlorosilane.
CH3 CI -- Si -- CI
CH3
Lè diméthylchlorosilane est hydrolysé sous catalyseurs à 230° - 300° ce qui
donne un silanol, dans lequel le chlore est remplacé par des groupements
OH.
CH3 OH -- Si - OH CH3
L'élimination d'eau entre deux molécules de silanol conduit à la formation
de chaînes linéaires de polysiloxanes (silicones).
Du point de vue biologique, ces composés sont inertes et ne présentent pas
d'intérêt. Par contre, la molécule de silanol isolée peut, au niveau de ses
fonctions OH, contracter des liaisons faibles avec diverses molécules et
offrir ainsi de multiples possibilités thérapeutiques. A Bordeaux, Norbert
DUFFAUT a soulevé l'hypothèse du rôle qu'aurait pu jouer le silicium dans
l'apparition sur la terre des premiers êtres vivants (16).
La plupart des auteurs qui ont abordé la question de l'origine de la vie se
sont surtout préoccupés de la façon dont ont pu se former les premières
molécules organiques. Depuis René QUINTON (26), il est communément admis
que les premiers êtres vivants sont apparus dans le milieu marin. Mais par
quel mécanisme ? Si la nature avait fait appel aux mêmes méthodes que les
chimistes, elle n'aurait pu réaliser de telles synthèses qu'en ayant
recours à de très fortes énergies. Où les trouver ? Certains auteurs ont
fait intervenir les rayons ultraviolets, les éclairs, la chaleur des
volcans. En réalité ces moyens paraissent bien plus propres à détruire la
vie qu'à la créer. Ajoutons qu'à cette lointaine époque, la chlorophylle
n'avait pas encore libéré l'oxygène et que l'atmosphère était composée de
gaz toxiques. En l'absence d'oxygène libre, la couche d'ozone qui protège
les êtres vivants n'avait pas encore pu se former. Il fallait enfin
formuler l'hypothèse que, dans le milieu marin, qualifié de "soupe
primitive", les molécules en s'entre-choquant au hasard aient pu, avec
l'aide du temps, créer les premiers acides aminés et (pourquoi pas?) les
premiers nucléotides. N'est-il pas hautement improbable que les choses
aient pu se passer de cette façon ?
Premiers colloïdes. Premières cellules.
Le problème mérite d'être abordé sous un angle différent. Ne peut-on pas
penser que, procédant comme elle le fait aujourd'hui, la vie, pour réaliser
ses premières synthèses, a uniquement fait appel à de très faibles énergies
? Mais des énergies employées avec un rendement maximum, comme nous le
voyons se produire, dans les cellules vivantes, avec l'aide de catalyseurs
et sous l'effets de champs qui orientent les molécules. De telles réactions
ne sont possibles qu'au sein d'une structure organisée. La question se pose
alors non plus d'un point de vue chimique, mais d'un point de vue physique
: comment ont pu apparaître ces structures primitives ?
Lorsque notre planète toute jeune s'est suffisamment refroidie, la vapeur
d'eau s'est condensée et a donné naissance aux océans primitifs. Les vagues
ont commencé à battre les rivages. En attaquant les roches, elles leur ont
arraché des particules de silice et de silicates. Ces particules formèrent
à la surface de l'eau, une pellicule, l'écume, cette même écume que nous
voyons, les jours de tempête, arrachée par le vent et déposée sous la forme
de mousse sur les plages. Cette écume possède des propriétés physiques
particulières. Avec l'air, elle forme une mousse. Avec l'eau, elle forme
une gelée analogue à une colle. C'est ce que les physiciens nomment un
colloïde. Battue par le vent et par les vagues, l'écume primitive a pris
l'état colloïdal et s'est trouvée fragmentée en minuscules petites sphères,
restant en suspension dans l'eau de mer. Ces unités, certes bien fragiles,
ont réalisé, au sein du désordre moléculaire ambiant, un premier milieu
structuré. La forme sphérique leur est alors imposée par les lois de la
physique. Les forces d'attraction orientent les molécules superficielles,
réalisant une ébauche de membrane. A l'intérieur, les molécules d'eau et de
silice s'organisent sous l'effet d'attractions osmotiques et
électrostatiques. La membrane, hémiperméable, est capable d'absorber des
éléments puisés dans le milieu ambiant. La sphère est capable de croître.
Mais cette croissance n'est pas indéfinie : la membrane et ses possibilités
d'absorption augmentent comme le carré des dimensions linéaires mais la
sphère et ses besoins nutritifs augmentent comme leur cube. Au delà d'une
certaine taille la sphère se déforme, s'allonge et finit par se diviser.
La biologie synthétique de Stéphane LEDUC.
Professeur à l'École de Médecine de Nantes, Stéphane LEDUC fut, au début du
XXème siècle, l'un des promoteurs de l'électrothérapie. Il publia plusieurs
ouvrages sur l'aspect physique des phénomènes biologiques. Il fit de
nombreuses expériences destinées à mettre en évidence le mécanisme physique
de l'origine des formes et des structures biologiques et les rapporte, en
particulier, dans son livre, "la Biologie synthétique" (19).
La plupart de ces expériences font intervenir le silicium, en particulier
sous la forme de silicates. Par exemple dans l'expérience suivante : dans
un vase haut et étroit contenant une solution de silicate de soude, il
suffit de faire tomber un morceau de chlorure ferrique solide pour voir se
former, en quelques minutes, des arborescences rouges dont on peut suivre
la croissance et qui montent parfois jusqu'à la surface du liquide.
Dans un article consacré aux conditions premières de la vie, le Docteur
Arthur VERNES citait cette expérience et en analysait le mécanisme :
dissolution du chlorure, production d'un silicate ferrique colloïdal,
formation d'une membrane dialytique et déclenchement de phénomènes d'osmose
(32).
Un point de départ pour l'Évolution.
Ainsi l'évolution a pu commencer par l'apparition de structures très
simples. Elles différaient du milieu environnant par l'organisation,
l'orientation moléculaire, le jeu des forces osmotiques et
électrostatiques. En solution dans ce milieu, elles trouvaient toutes les
substances nécessaires à leur accroissement et tous les oligo-éléments
permettant de réaliser par catalyse, à bas niveau d'énergie, toutes sortes
de synthèses. La transparence de la silice constituant ces protoorganismes
les laissait pénétrer par l'énergie solaire. Elle aurait ainsi permis
l'apparition d'une première ébauche des phénomènes de photosynthèse.
Il apparaît très probable que l'entrée en scène du carbone fut plus
tardive. Actuellement, les êtres vivants d'un bas degré d'évolution sont
riches en silicium. Le Professeur VORONKOV cite certaines bactéries, par
exemple le proteus mirabilis, capables de synthétiser, dans leur organisme
des composés siliciés contenant des liaisons Si-O-C, Si-N-C et Si-C. Ces
bactéries sont capables de substituer le silicium au phosphore, l'acide
silicique pouvant remplacer l'acide phosphorique dans les phospholipides.
Ce fait suggère au savant russe la possibilité de composés organo-siliciés
analogues aux nucléosides, polynucléosides et acides nucléiques. Ces
composés ne pourraient-ils pas avoir joué un rôle au sein d'anciens
maillons de la chaîne de l'évolution ?
Dans le monde minéral, les dérivés du silicium se présentent sous des
formes insolubles dans l'eau. Pour entrer dans le cycle de la vie, ils
doivent être transformés en composés organo-siliciés. Les plantes
synthétisent des enzymes spécifiques capables de réaliser cette conversion.
Ces composés solubles sont véhiculés par la sève. Ils favorisent la
croissance du végétal, sa résistance aux infections mycosiques, à la
sécheresse ou aux radiations. Parvenus dans la tige ou les feuilles, ils se
transforment en molécules de soutien insolubles.
Rien n'interdit de penser que des phénomènes catalytiques analogues à ces
réactions enzymatiques se soient produits au sein des premières formations
prébiologiques. Elles auraient permis au silicium d'être le premier élément
d'une véritable chimie organique sans carbone.
Bien que la recherche des origines de la vie sur la terre soit un sujet
réellement passionnant, il ne peut inspirer, pour le moment encore et
certainement pour longtemps, que d'invérifiables hypothèses. Il apparaît
cependant certain que le silicium a joué un rôle considérable et
probablement déterminant dans la genèse des premiers êtres vivants.
L'hypothèse de Louis KERVRAN.
Ne quittons pas le domaine des hypothèses sans évoquer celle, tout à fait
fascinante, des transmutations biologiques émise en 1960 par Louis KERVRAN
(18).
De nombreux faits observés par des géologues, des agronomes, des
biologistes, ont conduit cet auteur à envisager la possibilité, au sein de
la matière vivante, de réactions enzymatiques capables de produire de
véritables transmutations. Par ce mécanisme, un atome de silicium et un
atome de carbone pourraient donner naissance à un atome de calcium.
Le noyau du silicium (masse moléculaire 28) fusionnant avec un noyau de
carbone (masse moléculaire 12) formerait un noyau de calcium (masse
moléculaire 28+12=40). Une telle transmutation, se produisant sans faire
appel à de hautes énergies, est considérée comme impossible, dans l'état
actuel de nos connaissances.
Citons quelques faits parmi ceux que KERVRAN présente à l'appui de son
hypothèse :
- Le Professeur CHARRUYER, directeur de département de physique à l'école
de médecine de Limoges, fit part à Louis KERVRAN de sa découverte, au sein
de roches siliceuses très dures, compactes et parfaitement imperméables,
des géodes formées d'un carbonate de calcium. Leur origine paraît
inexplicable. Ces formes rhomboïdales de calcite, parfois très
volumineuses, ne pouvaient être parvenues dans la roche par migration et
devaient par conséquent s'y être formées sur place.
* En 1899, VAN THIEGLEM signalait dans son Traité de Botanique que le
thalle du fucus qui pousse en terrain siliceux contenait une forte
proportion de sulfate de calcium.
* L'aptitude du silicium à favoriser la recalcification est reconnue depuis
très longtemps puisque la prêle, plante particulièrement riche en silicium,
est prescrite dans ce but depuis l'antiquité.
* Des études faites sur les oeufs en incubation ont permis de constater que
le squelette du poussin nouveau-né contenait quatre fois plus de calcium
que l'oeuf (jaune et blanc). Or ce calcium ne provient pas de la coquille.
En effet, des constatations analogues font état d'une inexplicable
augmentation du calcium dès la naissance chez des poissons et des
batraciens dont les oeufs sont dépourvus de coquille.
* L'hypothèse de KERVRAN est-elle vérifiable ? Ou bien nous égarons-nous
dans le domaine de la science-fiction ? Si un jour elle se révélait exacte,
elle permettrait de comprendre d'une façon différente l'extraordinaire
efficacité thérapeutique des composés organo-siliciés.
Biologie du silicium.
1 / Les données classiques
Avant la découverte des composés organo-siliciés, peu de travaux furent
consacrés à l'étude du métabolisme du silicium. Une communication à
l'Académie des Sciences (30), en 1956, peu de temps avant la découverte du
DN1, fut consacrée à l'étude, chez l'animal, du devenir des silicates,
injectés par voie intraveineuse et suivis à l'aide du
radio silicium 31 Si. Le silicium reste fixé dans certains organes,
principalement dans les poumons et le foie. Le silicate de sodium diffuse
assez uniformément dans les tissus. Il ne semble donc ni se fixer ni
participer à des réactions métaboliques. Le silicate de calcium est
davantage retenu dans les poumons. Enfin, l'élimination du radioélément se
fait par la voie urinaire.
Le silicium que l'on trouve intégré dans les tissus n'y parvient donc pas
sous une forme minérale. Il est principalement apporté à l'organisme par
les aliments végétaux. Peu de données sont disponibles, aujourd'hui encore,
sur la teneur des divers aliments en silicium assimilable. L'évaluation des
besoins de l'organisme en silicium varie, selon les auteurs de 30 mg à 100
mg par jour.
Le silicium est réparti de façon très inégale dans les tissus. Les organes
qui en contiennent le plus sont le poumon, la peau, le cour, les artères
les surrénales, le thymus et, d'une manière générale tous les organes
riches en tissu conjonctif.
2 / Silicium et tissu conjonctif.
Le silicium est essentiellement présent dans les tissus d'origine
mésenchymateuse. De nombreuses macromolécules biologiques contiennent des
atomes de silicium. Sur certaines chaînes moléculaires, le silicium se
retrouve avec une périodicité définie. Tel est le cas de constituants du
tissu conjonctif, l'élastine, le collagène, les protéoglycanes et les
glycoprotéines de structure. En 1968, LOEPER notait l'abondance du silicium
dans les protéoglycanes. Elle est de l'ordre de 400 à 550 mg pour 1000 g de
tissu sec (21).
Il convient de rappeler que les tissus de soutien qui sont tous d'origine
mésenchymateuse, peuvent être définis comme une organisation complexe :
elle est composée d'une part, de substances extra-cellulaires et d'autre
part, de cellules, les fibrocytes ou fibroblastes qui réalisent la synthèse
de ces substances, entretiennent leur permanence et assurent leur
dégradation.
Le milieu extra cellulaire est formé de fibres réparties dans une substance
fondamentale apparemment amorphe. Les fibres sont constituées de
macromolécules.
- le collagène, protéine fibreuse commune à tous les vertébrés, représente
25 % du poids des mammifères. Il est encore difficile de préciser le rôle
exact que joue le silicium dans le maintien de la structure du collagène.
Observé au microscope optique, le collagène apparaît sous la forme de
trousseaux qui peuvent être électivement colorés en bleu par le bleu
d'aniline. Au microscope électronique, il apparaît composé de fibrilles
présentant une répétition de structure tous les 65 à 70 nanomètres.
L'unité de base est un long filament, le tropocollagène, mesurant 280 nm
de long et 5 nm de large. Sa masse moléculaire est de 300 000. Il apparaît
formé de trois chaînes appelées a-1, a-2 et a-3,enroulées en hélice. Ces
chaînes sont elles-mêmes enroulées pour former une corde. Des liaisons
relient ces chaînes entre elles et établissent même des ponts entre les
fibres.
La réticuline est constituée de fibres du même type, mais plus fines.
L'élastine est une protéine insoluble, ce qui permet de la séparer du
collagène et de la substance fondamentale. Elle est riche, elle aussi, en
silicium. Les fibres d'élastine peuvent être étirées de plusieurs fois leur
longueur et de revenir rapidement à leur dimension initiale. La peau, les
parois des vaisseaux, les ligaments sont très riches en élastine. La
substance fondamentale est apparemment amorphe. Milieu complexe, elle est
composée d'eau, de mucopolysaccharides acides, de glycoprotéines et de sels
minéraux. Elle doit à son état colloïdal sa viscosité. Il est bien connu
que la viscosité des colloïdes dépend de l'équilibre des charges entre les
micelles. Dans ce milieu complexe, les molécules polaires de silicium
organique sont susceptibles d'intervenir pour en réguler la viscosité.
Peu de notions sûres sont disponibles sur la régulation de la biosynthèse
de ces macromolécules. Les glycoprotéines de structure sont synthétisée en
abondance chez l'embryon. Leur production diminue au cours de la croissance
et cesse chez l'adulte. Celui-ci synthétise alors de l'élastine. Le
collagène est produit pendant toute la vie. Les protéoglycanes,
particulièrement riches en silicium, connaissent leur maximum de production
au cours de l'enfance. Il est remarquable que la production des
glycoprotéines et des protéoglycanes décroît avec l'âge parallèlement à la
chute du taux de silicium dans les tissus. Les hormones stéroïdes, la
thyroxine, stimulent la production de ces substances. Des enzymes assurent
leur dégradation.
Comme tous les tissus vivants, les tissus de soutien sont en perpétuel
remaniement. Le vieillissement, la sclérose sont liés à une altération qui
touche à la fois les fibres de soutien et la substance fondamentale,
c'est-à-dire le milieu qui baigne les fibroblastes. Une perturbation des
valeurs bio-électroniques, dans le sens d'une surélectronisation positive,
peut modifier la perméabilité des membranes cellulaires et inhiber
l'activité des enzymes tissulaires. Ces conditions pathologiques se
rencontrent en particulier lors de l'exposition à des rayonnements
ionisants. L'expérience montre que le silicium organique exerce dans ce cas
une puissante action protectrice. Il apparaît certain que le silicium joue
un rôle important dans le maintien de l'intégrité du tissu conjonctif.
3 / Silicium et sclérose tissulaire.
Il est aujourd'hui parfaitement établi que le silicium organique s'oppose à
la sclérose des tissus. Cette destructuration résulte de deux mécanismes
principaux : la peroxydation lipidique et à la glycosilation non
enzymatique.
La peroxydation lipidique est due à l'action agressive des radicaux libres.
Ce sont des particules possédant un puissant pouvoir oxydant. Se combinant
très vite, elles ont une durée de vie très courte. Pour LOEPER , le
silicium organique empêche la formation de ces radicaux libres : cette
action protectrice est parfaitement mise en évidence par l'expérimentation
sur des fibroblastes humains en culture.
Les radicaux libres sont immédiatement neutralisés dans un milieu riche en
ions H+. Par contre, leur action est favorisée dans un milieu trop alcalin.
La production de radicaux libres peut
résulter d'une agression extérieure. Au niveau de la peau, elle peut
résulter d'une exposition
excessive aux rayons solaires. Elle atteint son maximum lors des
traitements par les radiations ionisantes. Il a été constaté que le DNR,
administré simultanément en applications locales en injections, assurait
aux malades irradiés une parfaite tolérance aux rayons.
La glycosilation non enzymatique est un processus de dénaturation des
protéines de structure, par fixation de molécules de glucose, ce qui
entraîne des liaisons croisées entre elles. Ce phénomène est lié à un
déficit en un élément structurant fondamental, le silicium. Le phénomène de
glycosilation devient décelable à partir de la trentaine et augmente avec
l'âge. Il réduit l'élasticité des artères et celles de la peau. LEVRAT a
montré que les composés organo-siliciés s'opposaient au phénomène de
glycosilation.
4 / Silicium et métabolisme cellulaire
Le silicium intervient dans le métabolisme cellulaire et stimule les
processus de renouvellement des tissus normaux.
Le fait a été prouvé par EISINGER au niveau des ostéoblastes (5). Il est
à remarquer que, dans le tissu osseux, la majeure parie du silicium se
concentre dans la région périostique, siège de la principale activité
ostéogénique.
Le silicium organique se comporte comme un régulateur de la division
cellulaire. En 1967 des observations cliniques, rapportées à la Société
des Sciences Physiques et Naturelles de Bordeaux, mettaient en évidence la
remarquable action thérapeutique du DNR, administré par injections ou par
ionocinèse, sur diverses formes de cancer (13).
Cette action s'est trouvée confirmée par les travaux de HENROTTE,
rapportées en 1987 à l'Académie des Sciences par le Prix Nobel de Médecine,
Jean DAUSSET (12).
Les lymphocytes T et B sont activés par contre, la prolifération anarchique
des cellules lymphoblastoïdes est inhibée.
Le silicium en thérapeutique. Silicium et thermalisme.
Le thermalisme hier et aujourd'hui.
L'utilisation thérapeutique de l'eau de certaines sources remonte, nous
l'avons vu, dans la nuit des temps. A l'origine, les effets bénéfiques des
eaux s'expliquaient par la magie. Il faut bien reconnaître qu'aujourd'hui
encore, leur mode d'action n'est pas encore clairement élucidé.
Aux auteurs du XIXème siècle, l'action des eaux parut uniquement résulter
de leur composition chimique. Les effets thérapeutiques d'une eau sont bien
sûr en rapport avec ses principes prédominants. Il est certain qu'une eau
riche en sels de magnésium, celle de Châtel-Guyon par exemple, possède les
propriétés laxatives de ces sels. Cependant, à proportion égale de
principes, les eaux minérales naturelles ont une action plus marquée que
les compositions artificielles destinées à les imiter. De plus, la chimie
n'explique absolument pas pourquoi certaines eaux, très actives au moment
de leur émergence, perdent une grande part de leurs propriétés lorsque,
bien que contenant les mêmes composants, elles sont vendues en bouteilles.
Mode d'action des eaux thermales.
Nous devons une explication de ce phénomène au Professeur Louis-Claude
VINCENT (33). Au griffon, l'eau qui jaillit a circulé au contact de roches
siliceuses, silice, quartz, granit, obsidienne, sables, argiles et alumines
siliciées, silicates terreux et alumino-terreux etc... Elle leur a emprunté
de fines particules et réalisé une suspension colldidale. De plus, à leur
contact, elle a acquis une énergie que la mesure des valeurs
bio-électroniques, pH, rH2, résistivité, permet de définir'. La rencontre
de l'oxygène de l'air, la mise en bouteille, le contact avec le récipient,
les secousses du transport, les manipulations, les variations de
température, perturbent ces valeurs. Les micelles floculent. La structure
même de l'eau (nous savons aujourd'hui combien elle est complexe), le
Professeur BENVENISTE dirait sa "mémoire", se trouve elle aussi altérée. Il
est possible également d'admettre, avec Marcel VIOLET, une modification de
son état vibratoire. Enfin les eaux thermales peuvent contenir des éléments
vivants, des bactéries, du plancton, qui interviennent également dans leurs
effets biologiques. Fragiles, ces éléments biologiquement actifs
disparaissent des eaux "en conserve".
Présence de silicium dans les eaux thermales.
La grande majorité des eaux thermales contient du silicium sous diverses
formes. Les eaux de montagne dissolvent des silicates qui sont dosables
lors de l'analyse chimique. Le silicium intervient par plusieurs mécanismes
dans l'effet thérapeutique des eaux thermales : d'abord un mécanisme
purement chimique, puis les effets de l'état colloïdal et enfin un échange
d'ions et de charges électriques.
Dans les tuyaux et les réservoirs où elles séjournent, les eaux sulfureuses
laissent un dépôt, la glairine, substance azotée, gélatineuse et
diversement colorée qui peut contenir jusqu'à 80 % de silice. Le dépôt de
glairine est le résultat d'un phénomène de floculation.
La silice est pratiquement toujours présentes dans les eaux sulfurées ou
sulfatées et intervient, au moins au moment de l'émergence, en entretenant
un équilibre colloïdal.
Eaux thermales contenant du silicium.
La plupart des eaux thermales contiennent des quantités plus ou moins
importantes de silicium. Citons s celles dans lesquelles le silicium parait
jouer un rôle actif :
- les eaux de la Roche-Posay ou de Saint Gervais-les-Bains ont pour
principale indication les dermatoses : eczémas, psoriasis.
les eaux de Sail-les-Bains sont employées à la fois contre les dermatoses
et contre l'arthritisme,
les eaux de Plombières ont deux indications majeures, les affections du
côlon et celles du système nerveux. Y sont traités en particulier les
côlons sensibles, irritables, les séquelles d'amibiase intestinale
les eaux de Châtel-Guyon ont également une haute teneur en silice. Mais
leur richesse en magnésium doit les faire réserver aux côlons
hypotoniques.les eaux de Bagnoles de l'Orne sont plus spécialisées dans les
troubles de la circulation veineuse
- les eaux de Cauterets conviennent aux affections chroniques des voies
respiratoires.
Parmi les eaux sulfurées et sulfatées riches en silice, citons
Aix-les-Bains sulfurée calcique, ou Saint Lary Solutum, riche en silice
sulfurée et sulfatée.
Citons encore quelques eaux qui paraissent devoir leur efficacité
thérapeutique à la présence du silicium :
- les eaux d'Avène-les-Bains, bicarbonatées, sont riches en silicates.
- les eaux de Bains-les-Bains ont une composition analogue, associant
bicarbonates et silicates.
- les boues de Barbotan ou celles de Dax doivent leur viscosité aux
silicates insolubles qu'elles contiennent. Leurs propriétés se rapprochent
de celles de l'argile, mais ici encore, l'activité thérapeutique n'existe
qu'à la station, lorsque boues et eaux sont dans leurs conditions et leur
milieu naturels.
Silicium et phytothérapie.
Les plantes riches en silicium.
Incapable d'assimiler directement le silicium minéral, l'organisme humain
couvre ses besoins en silicium grâce à l'alimentation végétale. Dans les
racines des végétaux, des enzymes élaborent des composés organo-siliciés
que la sève transporte dans la tige et les feuilles. A ce niveau, le
silicium retourne à l'état oxydé et contribue, sous la forme de silice ou
de verre, à la constitution des fibres de soutien qui constituent le
véritable squelette du végétal. Il en résulte que, seule une faible
proportion du silicium contenu dans la plante est réellement assimilable.
Toutes les plantes contiennent du silicium, mais certaines en sont
particulièrement riches. Au premier rang de ces plantes siliceuses figurent
les diverses variétés de prêle ( Equisetum arvense, Equisetum hiemale ).
Mais, dans ces plantes, le silicium est surtout présent sous une forme
oxydée et insoluble, dans la constitution des fibres qui assurent la
rigidité de la tige. La proportion de silicium assimilable que contient la
plante est faible. Cependant, dans de nombreuses affections, son efficacité
thérapeutique a été observée. Je reproduis ici l'une des formules que le
Docteur Joseph LERICHE, de Joigny, préconisait, dans le traitement des
papillomes, des dyskératoses séniles, et même des plaques d'épithélioma
baso-cellulaires. Le composant principal en est la poudre de prêle sèche,
finement pulvérisée et tamisée dans des cachets :
Poudre de prêle... 0, 60 g
Magnésie calcinée légère... 0,15 g
Magnésie calcinée lourde... 0, 10 g
Glycérophosphate de chaux 0, 025 g
Glycérophosphate de magnésie 0, 025 g
Glycérophosphate de manganèse 0, 005 g
Silicate de magnésie... 0, 015 g
Silicate de soude pulvérisé 0, 002 g Hydrofluosilicate de soude pulvérisé
0, 004 g
La poudre de plante paraissait à cet auteur plus active que les cendres de
prêle et il écrivait à ce propos :
"Il nous a semblé logique de renforcer l'action des silicates par la silice
végétale qui est facilement soluble et beaucoup plus assimilable.
Le silicium bio-disponible des plantes est contenu dans leur sève. Bien que
présent en faible quantité, il est possible qu'il y forme des complexes
labiles avec d'autres composants actifs tout comme le font in vitro les
molécules de Norbert DUFFAUT.
Silicium et homéopathie.
Place du silicium en homéopathie.
Dans la Matière Médicale homéopathique, le silicium est représenté par un
seul remède :
Silicea, c'est un remède majeur, doté d'un large champ d'action.
La Matière Médicale homéopathique décrit, pour chaque remède, les symptômes
que la substance à étudier, prise à des doses pondérables, peut provoquer
chez le sujet sain. Chez un malade présentant spontanément les mêmes
symptômes, la prise de la même substance, mais hautement diluée, est
capable de les faire disparaître : c'est la loi de similitude.
Le tableau que dresse la Matière Médicale pour Silicea est très
caractéristique d'un défaut d'assimilation. Le sujet justiciable du remède
présente un important manque de vitalité. Cette asthénie s'accompagne d'une
extrême sensibilité physique et psychique. Le manque de chaleur vitale du
sujet le rend sensible au froid qui provoque une aggravation des troubles.
Pour la même raison, il est aggravé en se découvrant, en plein air ou, plus
généralement, l'hiver. Il transpire facilement et présente une tendance
marquée à la suppuration. "Toute petite plaie suppure" (Docteur Léon
VANNIER). S'il s'agit d'un enfant, il se développe difficilement, il est
maigre, rachitique, timide et craintif. Sans décrire ici les multiples
manifestations que peut présenter le malade, notons qu'elles peuvent
intéresser tous les organes, toutes les fonctions physiologiques et
psychiques.
Silicium et préparation des remèdes homéopathiques.
Une autre question concernant le silicium intéresse directement les
homéopathes. Il pourrait, en effet, intervenir au cours de la préparation
des remèdes, à l'occasion de l'opération appelée dynamisation. De quoi
s'agit-il ? Pour préparer un remède homéopathique, il ne suffit pas de le
porter, par un simple mélange avec le solvant, à la dilution désirée. Il
faut procéder par étapes. Pour les dilutions hahnemanniennes dites
centésimales, appelées 1 ère CH, 2 CH, 3 CH, etc..., il faut partir de la
substance à diluer et l'étendre au centième pour obtenir la première
dilution centésimale. Intervient alors une opération particulière appelée
dynamisation. Elle consiste à agiter très énergiquement la préparation dans
un flacon de verre. Dans un nouveau flacon, la première centésimale est
étendue au centième pour donner la deuxième, qui est dynamisée à son tour.
Cette opération par étapes successives est renouvelée jusqu'à la dilution
désirée. Chaque étape s'accompagne d'une dynamisation.
Pour Norbert DUFFAUT, les remèdes homéopathiques doivent leur efficacité à
l'adsorption de molécules au contact des parois du flacon et à la formation
de complexes avec le silicium du verre. Depuis longtemps, des travaux
expérimentaux ont démontré la réalité et l'importance de ce phénomène
d'adsorption : ceux de H. WAALER avec la tuberculine3 ou ceux de S.
LISSITSKY avec la thyroxine` . Ainsi, les remèdes homéopathiques pourraient
se présenter sous la forme de complexes organo-siliciés.
Le silicium organique en thérapeutique
Utilisation thérapeutique des composés organo-siliciés.
Une expérience clinique personnelle entre Norbert DUFFAUT et d'éminentes
personnalités médicales a permis de bien connaître les indications du
silicium organique et les résultats qu'il est possible d'en espérer.
Le produit tout d'abord utilisé fut le DNR, complexe de méthylsilanetriol
et d'acide salicylique dès sa découverte et bien avant sa mise en vente en
pharmacie. Le produit fut spécialisé en 1971 sous la forme d'ampoules
injectables. Il a paru peu recommandable de l'employer par la voie buccale
du fait de la présence d'un radical salicylé susceptible d'être libéré dans
l'estomac et d'agresser la muqueuse gastrique. Actuellement, le
méthylsilanetriol pur, sans radical salicylé, est disponible sous la forme
d'une solution buvable.
Mais toutes les préparations buvables actuellement proposées sont loin
d'être d'une qualité équivalente. Des conditions précises sont à exiger
quant au mode de préparation et à la pureté du produit. Il doit également
présenter des valeurs bio-électroniques parfaitement définies.
L'utilisation thérapeutique d'un composé organo-silicié se présente sous
deux aspects : il est possible de faire appel soit à l'action thérapeutique
propre au produit lui-même, soit à son aptitude à introduire de médicaments
dans l'organisme. c'est l'effet "locomotive".
L'effet "locomotive"
Cette propriété originale permet d'imaginer de nombreuses combinaisons
thérapeutiques. Nous avons déjà remarqué qu'il était possible, par ce
moyen, de renforcer l'efficacité des plantes ou encore, de réaliser des
formules possédant des propriétés nouvelles. Par exemple, l'association du
DNR avec la pénicilline manifeste un effet anti-viral que n'ont pas les
deux produits pris séparément.
Ce fait amena, Norbert DUFFAUT à associer au DNR des médicaments aux
indications variées. Ils ont été administrés, soit par application d'une
simple compresse sur la peau, soit par ionocinèse. L'imagination de Norbert
DUFFAUT était remarquablement fertile. Il imagina et essaya de très
nombreuses combinaisons, parfois même tout à fait inattendues ! Il serait
difficile d'en donner une liste exhaustive.
Parmi celles qui ont donné les résultats les plus positifs, il convient de
citer les hyposulfites, la pénicilline, la caféine, l'héparine, la
théophylline, la colchicine. Même des préparations plus complexes, par
exemple des extraits de levure, des extraits de plantes ou des préparations
homéopathiques ont été essayées.
Dans toutes ces associations, le rôle du composé organosilicié pourrait
s'expliquer par le fait qu'il aide le principe actif à traverser les
membranes cellulaires.
Indications thérapeutiques
Il n'est possible de faire état ici que de l'état actuel de nos
connaissances sur une question certainement appelée à beaucoup évoluer.
Nous sommes encore loin d'avoir inventorié toutes les possibilités
d'application des composés organosiliciés.
Toutes les spécialités médicales peuvent être concernées. L'action
structurante du silicium sur le tissu conjonctif peut se manifester au
niveau de tous les organes.
1 / Silicium et Rhumatologie.
Silicium et système ostéo-articulaire.
Le silicium se comporte comme un puissant inducteur de la re-minéralisation
osseuse. Il exerce sur les articulations et les cartilages une action
re-structurante. Reconstituant de l'élastine, il restitue aux ligaments
leur souplesse. Il trouve donc son indication dans la plupart des
affections ostéoarticulaires.
En thérapeutique de fond, il se prend par la voie buccale.
Dans les affections aiguës, l'association au silicium d'un radical salicylé
en renforce l'effet antalgique et anti-inflammatoire.
Les arthrites aiguës relèvent des applications locales et de l'ionocinèse.
Les tendinites réagissent très bien à l'ionocinèse. Tout spécialement, les
tendinites du coude ou du poignet qui handicapent souvent les sportifs de
haut niveau.
L'arthrose mérite d'être considérée comme un phénomène de corrosion
électrique du tissu ostéo-articulaire. Le mécanisme de la formation des
lésions arthritiques est expliqué par une différence de potentiel excessive
entre un élément électropositif, le tissu osseux, et un environnement
électronégatif, cartilage, ligaments et artères, provoque la fuite des ions
calcium de l'os dans un sens et celle des chondrosulfates négatifs du
cartilage dans l'autre. En se fixant sur les ligaments, le calcium produit
des ostéophytes (becs de perroquet). Le silicium organique, par voie
buccale peut arrêter l'évolution de la maladie arthrosique. Un traitement
très prolongé, à raison de deux séances par semaine, rétablit les gradients
de potentiel normaux et supprime le facteur pathogénique lui-même. Tous les
phénomènes de décalcification sont justiciables d'un traitement analogue.
La pollution électrique, entraîne une surcharge de l'organisme en
électricité positive et une perturbation dans la répartition des potentiels
tissulaires, ce qui favorise le développement des phénomènes arthritiques.
Dans la vie quotidienne, de nombreux facteurs contribuent à produire une
surcharge électrique de l'organisme. Cette surcharge peut résulter :
- d'un contact direct avec des corps porteurs de charges statiques, tels
que sous-vêtements, moquettes, sièges de voiture, etc... en fibres
synthétiques, claviers d'appareils électroniques, ordinateurs...
* d'effets à distance par induction, en particulier à proximité de lignes à
haute tension, de moteurs ou de transformateurs, de réfrigérateurs ou
d'autres appareils ménagers ;
* de l'inhalation d'ions positifs, ceux de la fumée de tabac, des pièces
confinées; des gaz d'échappement et, d'une manière générale, de
l'atmosphère en milieu urbain ;
- de l'ingestion d'eaux traitées chimiquement, de boissons alcalines,
d'aliments non biologiques, de conserves alimentaires et aussi de nombreux
médicaments ;
* de l'exposition à des sources de radiations diverses : écrans de
télévision ou d'ordinateurs, émetteurs d'ondes électro-magnétiques,
radioactivité naturelle ou artificielle ;
- de l'emploi médical d'appareils d'électrothérapie qui tous, à l'exception
de l'ionocinèse (seule forme non polluante d'électrothérapie), représentent
une cause souvent ignorée de perturbations de l'équilibre électro-chimique
des tissus vivants ;
* d'influences telluriques, par exemple à l'aplomb d'une faille du
sous-sol, développant une importante radioactivité naturelle.
* La nature a pourvu le corps humain d'une prise de terre : le contact des
pieds nus avec un sol conducteur. Il permet de réaliser une décharge douce
et progressive. Une décharge trop brusque risque, en effet, d'avoir des
répercussions nocives. L. type le plus évident est le phénomène de
l'hydrocution, capable de foudroyer un baigneur trop chargé d'électricité.
La consolidation des fractures se trouve facilitée et accélérée.
Le traitement réalise une prévention efficace de l'algodystrophie,
complication qu'il est permis d'attribuer, comme l'arthrose, à des
perturbations électroniques locales. Il est important de signaler ici la
seule et unique contre-indication des traitements par ionocinèse : la
présence, sous les électrodes, de prothèses métalliques, broches, plaques
ou vis. Celles-ci, sous l'effet du courant, agissent comme des électrodes
secondaires qui risquent de brûler les tissus. La maladie de Dupuytren,
rétraction des ligaments fléchisseurs de la main réagit très favorablement
à l'administration de silicium, si le traitement est mis en place avant
l'apparition de très grosses déformations.
La rhisarthrose du pouce affection douloureuse qui s'accompagne d'une fonte
musculaire et rend la préhension des objets de plus en plus pénibles, peut
régresser sous l'effet de l'administration de silicium.
La périarthrite de l'épaule est également une excellente indication de la
méthode, même lorsqu'elle s'accompagne d'une calcification de la capsule.
Tous les problèmes rhumatismaux se trouvent améliorés par les applications
locales de silicium, sous la forme de gels ou de simples compresses.
Signalons enfin que les composés organo-siliciés apportent souvent des
solutions simples à la plupart des problèmes posés par la pratique des
sports-:
2 / Silicium et Appareil Cardio-Vasculaire.
Le silicium : Remède majeur du coeur et des vaisseaux.
Dès 1960, Norbert DUFFAUT , le Docteur J. JANET et le Docteur Guy-Roland
RAGER, spécialiste des maladies cardio-vasculaires administrant du DNR
obtinrent très vite d'excellents résultats même chez des patients très
gravement atteints.
La pathologie de l'appareil cardio-vasculaire est le plus souvent en
rapport avec des altérations des tissus de soutien des parois des
vaisseaux, artères, capillaires, veines. Seul un apport en silicium
organique est capable d'assurer une reconstitution des fibres de collagène
et d'élastine.
Mais l'action thérapeutique du silicium organique ne se limite pas à ce
mécanisme. Modificateur du potentiel des membranes cellulaires, il favorise
la respiration des fibres musculaires cardiaques.
Il agit en synergie avec le champ électrique régulé d'ionocinèse qui
modifie, lui aussi, la polarisation membranaire. Ce phénomène est facile à
mettre en évidence par l'expérience suivante : des fragments de chair
musculaire, plongés dans une solution saline respirent et émettent des
bulles de dioxyde de carbone, témoins de cette activité respiratoire. Il
suffit de placer une électrode de part et d'autre de ces fragments et de
les soumettre à un champ électrique pour augmenter considérablement le
dégagement gazeux.
Cet apport énergétique direct favorise son activité contractile.Préparation
à l'effort, fatigue, hématomes, entorses, déchirures musculaires, etc...
Il est en effet bien connu qu'une enzyme ne peut entrer en action qu'entre
des limites bien précises de pH, de rH2 et de résistivité. Au niveau du
sang, une première réaction enzymatique de coagulation est automatiquement
déclenchée par une rupture de l'équilibre bioélectronique. L'exemple
typique en est le contact du sang, au niveau d'une plaie, avec l'oxygène de
l'air, ce qui modifie immédiatement son potentiel d'oxydo-réduction. Les
valeurs bio-électroniques provoquant la coagulation ont été définies par le
Professeur Louis-Claude VINCENT : augmentation du pH et du rH2, chute de la
résistivité.
La physiologie des plaquettes sanguines est, elle aussi, entièrement
conditionnée par les valeurs bio-électroniques du milieu. Les observations
et les recherches expérimentales du Docteur Louis DUCHON, ont montré que
les plaquettes sanguines dont le rôle est essentiel dans le mécanisme de la
coagulation, sont porteuses de charges négatives. Lorsqu'elles sont au
repos, elles se repoussent fortement entre elles. Il en va de même des
molécules de fibrine, des leucocytes et des hématies. Placés dans un champ
électrique, sous l'oculaire du microscope, tous ces éléments migrent vers
le pôle positif.
Pathogénie des oblitérations artérielles.
"L'encrassement" des artères semble, a priori, résulter d'un dépôt de
substances insolubles. Tout semblerait se passer comme dans un évier qui se
bouche. La conséquence de cette interprétation, sur le plan thérapeutique,
consisterait, pour diminuer les risques d'accident vasculaire, à faire
diminuer artificiellement le taux sanguin de lipides ou de cholestérol.
D'importants travaux expérimentaux ont montré que ce point de vue ne
correspondait pas à la réalité et que l'adhésion de dépôts aux parois
vasculaires était sous la dépendance exclusive de facteurs électroniques.
SAWIER et DEUTSH ont mesuré pendant de longues périodes les modifications
de potentiel électrique des vaisseaux normaux, sur l'aorte du chien, ainsi
que sur des greffes vasculaires fraîches. Ils ont mis en évidence
l'existence d'une différence de potentiel entre l'intima et l'adventice,
l'intima étant normalement toujours plus électronégative.
Ils ont ensuite étudié les variations de cette différence de potentiel sur
un greffon au niveau de l'aorte du chien :
- dans les cas où l'intima est toujours restée plus électronégative que
l'adventice, la différence de potentiel, d'abord très élevée, reprend en
quelques jours des valeurs normales.
- par contre, dans les cas où il y a eu une inversion de potentiel (intima
électropositive par rapport à l'adventice), de 5 à 10 millivolts pendant
les premiers jours, ils ont toujours constaté la formation d'une importante
thrombose intra-aortique.
Devant ces faits, ces auteurs ont cherché à prouver que l'inversion du
potentiel intra-aortique était la cause de la thrombose. Dans une première
série d'expériences, ils ont montré qu'en soumettant l'aorte normale d'un
chien à un champ électrique faible, par l'application directe de deux
électrodes de part et d'autre du vaisseau, on provoquait toujours une
thrombose sur la paroi chargée positivement et non sur l'autre.
Ces mêmes auteurs ont alors émis l'hypothèse que l'inversion du potentiel
de la paroi donnait naissance à un courant de lésion qui joue un rôle
déclenchant dans le processus de thrombose du fait de l'attraction, par la
paroi malade électropositive, d'éléments figurés sanguins électronégatifs
(plaquettes, leucocytes, hématies et monomères de fibrine).
Partant de cette hypothèse, ils eurent l'idée de vérifier expérimentalement
si l'application d'un champ électrique de polarité inverse du courant de
lésion était capable de ralentir ou d'empêcher le processus de thrombose
dans un segment artériel traumatisé. Du point de vue théorique, en effet,
une paroi chargée négativement doit repousser les éléments constitutionnels
du thrombus, eux-mêmes électronégatifs.
Les résultats expérimentaux, portant sur 220 chiens, ont confirmé le
bien-fondé de cette hypothèse. Ils montrent qu'un courant de faible
intensité produit un retard dans l'apparition du caillot et que le
pourcentage de thromboses est alors très nettement diminué par rapport aux
témoins.
SCHWARTZ en 1959, a constaté que sur une veine ligaturée soumise à l'action
de deux électrodes positives sous une intensité de 4 mA, on obtenait
toujours une thrombose, sauf si le témoin avait été hépariné. Les
antivitaminiques K se sont toujours révélés parfaitement inopérants. Par
contre l'application d'un champ négatif empêche ou diminue fortement la
formation d'un thrombus déclenché par des agents chimiques.
II a ligaturé les eux veines fémorales du chien et y a injecté 50 unités de
thrombine. L'une des deux veines a été soumise à l'action d'une électrode
négative avec une intensité de 4 mA. L'autre a servi de témoin. Après 30
minutes, toutes les veines ont été prélevées et les constatations ont été
les suivantes
- tous les témoins sont obturés par un thrombus.
- 50% des veines soumises au champ électrique sont exemptes de tout
caillot.
- dans les veines soumises au champ électrique, les caillot est toujours de
dimensions beaucoup moins importantes que dans les veines-témoins.
Rappelons à ce propos les observations microscopiques du Docteur Louis
DUCHON. Elles ont montré que les phénomène de répulsion ou d'adhésion entre
les plaquettes sanguines, responsables de la formation du caillot ou de
l'accolement aux parois vasculaires étaient strictement de nature
électronique.
Affections coronariennes.
Le cour est composé de fibres musculaires, irriguées et alimentées par un
réseau artériel spécial, le réseau coronarien. Un débit insuffisant dans
une ou plusieurs branches de ce réseau produit les symptômes de l'angine de
poitrine. L'obturation d'un des ces vaisseaux provoque l'infarctus du
myocarde.
Les études expérimentales de LOEPER et de GENDRE ont démontré de façon
indiscutable le puissant effet préventif et curatif du silicium dans les
maladies vasculaires,
Les observations cliniques confirment cette action. Pris régulièrement par
voie buccale, le silicium organique représente un moyen simple et efficace
de s'opposer à la détérioration des artères.
En présence d'une pathologie confirmée, signalons l'efficacité des
injections intra-veineuses du complexe silicium+salicylate. Il associe à
l'action protectrice du silicium, l'effet fluidifiant et anticoagulant du
radical salicylé.
Le Professeur LAMPERT, qui dirige la clinique Weserbergland à Hoxter, en
Allemagne, mit le premier en évidence sur l'action du courant électrique
sur la formation du caillot sanguin. S'appuyant sur ses travaux, le Docteur
Guy-Roland RAGER adapta l'ionocinèse des composés organo-siliciés au
traitement des maladies coronariennes et de ses poussées évolutives. Cette
méthode se proposait un triple objectif :
"1 ° D'empêcher l'extension du caillot et, dans certains cas,
d'obtenir sa reperméabilsation partielle.
2 ° D'augmenter nettement l'irrigation de la région ischémies en
assurant le développement rapide d'une circulation de suppléance.
3° De corriger dans une certaines mesure les perturbations cellulaires
entraînées au niveau de l'organe par l'insuffisance du
ravitaillement sanguin."
De très nombreuses observations, un suivi des malades très prolongé ont
confirmé que ce triple objectif se trouvait atteint :
L'action sur le caillot lui-même se produit in vivo d'une out à fait
analogue à ce que les faits expérimentaux ont montré.
L'amélioration de l'irrigation a été confirmée par documents
coronarographiques. Chez les malades ayant bénéficié de séries de séances
d'ionocinèse de silicium organique, les clichés montrent un développement
très important de la circulation collatérale.
Les artères coronaires sont réunies entre elles par une multitude de
collatérales d'un diamètre de 40 micromètres, qui, dans les conditions
habituelles ne sont pas opérationnelles. Leur mise en service autorise une
revascularisation des zones ischémiées et constitue un véritable pontage
inter-coronarien.
Les fibres musculaires cardiaques ayant manqué d'oxygène bénéficient de
l'action revitalisante directe du champ électrique. Elles retrouvent une
activité métabolique normale. La souffrance cellulaire se traduit par une
augmentation, dans le sang circulant,du taux d'une enzyme, la transaminase
SGOT. La présence en quantité excessive de cette enzyme, normalement
intra-cellulaire, est liée à une augmentation de la perméabilité de la
membrane.
Dans les maladies coronariennes, le taux des transaminases s'élève. Il
revient progressivement à la normale sous l'effet de l'administration de
silicium. Cette analyse représente même un moyen pratique de surveillance
des effets du traitement. Nous retrouverons ce phénomène, de nature
électronique- Docteur G.R. RAGER -L'infarctus ne tue pas - Flammarion Paris
1969 - p.102.à propos des hépatites avec la même augmentation pathologique
du taux des transaminases et sa normalisation .
Artérites des membres inférieurs
Chez les malades souffrant d'artériopathies oblitérantes des membres
inférieurs, l'atteinte des parois artérielles relève du même mécanisme que
celle des artères coronaires.
Les premiers symptômes de l'atteinte artérielle ne se manifestent qu'à
l'effort. Les artères conservent un débit suffisant pour alimenter en
oxygène les muscles au remis. Mais il leur en faut beaucoup plus pendant la
marche. Des artères qui ont perdu leur souplesse ne peuvent plus répondre à
ce besoin. Le manque d'oxygène se traduit alors, au bout d'un certain
parcours, par une crampe douloureuse qui disparaît si la patient s'arrête
de marcher. Plus le cas du patient s'aggrave, plus la distance qu'il peut
parcourir sans douleur est faible. Ce qui s'évalue en mesurant son
"périmètre de marche". CHARIOT a donné à ce symptôme le nom de claudication
intermittente.
Comme au niveau des coronaires, la perte de souplesse des artères ne
représente qu'un premier stade. De plus en plus, la paroi artérielle se
charge de déchets. Une oblitération artérielle complète peut enfin
survenir. Si l'irrigation de l'extrémité du membre n'est plus assurée, les
tissus se nécrosent. C'est le stade de la gangrène, qui peut rendre
inévitable l'amputation de la partie mortifiée.
Les traitements habituellement employés se proposent de modifier le
caractère physico-chimique des lipides sanguins, d'augmenter le débit des
artères à l'aide de médicaments vaso-dilatateurs, enfin de fluidifier le
sang et d'éviter la formation de caillots par des asti-coagulants. Les
malades atteints d'artérite sont envoyés en cure à Royat. De sévères
prescriptions hygiéno-diététiques sont associées au traitement. Cependant,
la maladie peut continue à évoluer. L'emploi du silicium a transformé le
pronostic de cette redoutable affection.
Le silicium organique, pris par voie orale, permet aux altères de conserver
leur élasticité ou même de la retrouver. Il stabilise les valeurs
bio-électroniques du sang circulant et prévient les phénomènes d'adhérence
aux parois.
Le complexe silicium-salicylate, en injections intra-veineuses trouve ici
la même indication que dans les maladies coronariennes.
Enfin et surtout, l' administration de silicium donne des résultats rapides
et durables. Une méthode permet d'évaluer la diminution ou l'augmentation
de l'irrigation au niveau d'un organe, la rhéographie. Elle consiste à
enregistrer des courbes traduisant le débit sanguin et ses variations au
niveau du territoire exploré. Les enregistrements pratiqués par le Docteur
RAGER avant et après traitement lui ont permis d'affirmer
"qu'on observe en règle générale, après un traitement de seize à vingt
séances, une augmentation progressive du débit sanguin, particulièrement
nette après le troisième mois suivant le traitement."'
L'artérite et les affections coronariennes relèvent de la même pathogénie
et peuvent coexister comme dans l'observation suivante :
(malade du Dr Rager) : Homme de 54 ans vu en 1968. Associant troubles
coronariens et artérite des deux membres au stade IV, avec atteinte
prédominante du côté droit. Il se plaignait de douleurs de décubitus et
présentait, du côté droit, des ulcères de jambe.
Une première série de vingt séances fait disparaître les douleurs et
provoque un début de cicatrisation des ulcères. Une nouvelle série,
entreprise deux mois plus tard, amène la fermeture des plaies et une
récupération du périmètre de marche.
Insuffisance veineuse.
Dans les troubles de la circulation de retour, l'ionocinèse peut se révéler
d'une certaine utilité, mais elle ne permet pas de scléroser de
volumineuses varices. Elle offre cependant la possibilité d'améliorer la
tonicité des parois veineuses, de fluidifier la lymphe, de combattre la
stase liquidienne, les phénomènes inflammatoires, la lymphangite.
L'amélioration se traduit pas la disparition des sensations de jambes
lourdes, de la fatigue des membres et des impatiences nocturnes.
Parmi les affections veineuses, il faut réserver une place à part aux
hémorroïdes. Les hémorroïdes non compliquées sont de simples dilatations
variqueuses. Il est habituel de les traiter, comme les varices des membres
inférieurs, par une série d'injections sclérosantes. Cette technique est
souvent assez douloureuse. Elle peut entraîner un certain nombre
d'incidents tels que thromboses, escarres, hémorragies, névralgies.
Il faut aussi souligner qu'une sclérose trop poussée supprime totalement
l'élasticité des parois veineuses. Or les veines hémorroïdaires servent à
compenser les à-coups tensionnels du système veineux abdominal. Elles
jouent de cette façon un rôle de "soupape de sûreté". Une cure radicale
peut provoquer l'aggravation d'une affection digestive ou hépatique.
A l'opposé du traitement sclérosant classique, l'administration de
silicium, tout en soulageant rapidement le patient, conserve leur souplesse
aux tissus, résorbe l'odème et améliore le bilan circulatoire local.
L'application se fait à l'aide d'une petite sonde anale en pyrex.
couramment employé associe silicium organique, adrénaline et chlorhydrate
de quinine-urée. Cette formule contient trois composants dont les effets se
complètent : l'adrénaline, administrée par administration de silicium a un
effet décongestionnant durable sans vasodilatation secondaire. Le
chlorhydrate de quinine-urée est un agent sclérosant connu.
Le silicium, enfin, permet de moduler les effets de cet agent sclérosant
et de conserver à la muqueuse anale son élasticité et sa souplesse. Le
traitement est totalement indolore et ne présente ni danger, ni
contre-indication.
Il suffit de six à dix séances, à raison de deux par semaine, pour apporter
un soulagement durable et pratiquement définitif à la plupart des malades.
Les échecs éventuels s'expliquent par l'existence d'une affection qui
entretient une inflammation régionale ou qui entrave la circulation de
retour, hypertension portale, cirrhose hépatique, fibrome utérin, par
exemple.
Le vieillissement
Il est classique de dire que nous avons l'âge de nos artères. En réalité,
le vieillissement correspond à une altération non seulement des artères
mais aussi de tous les tissus d'origine mésenchymateuse. Plus spécialement
même, il est la conséquence d'une dénaturation des macromolécules de
soutien que sont le collagène, la réticuline, l'élastine, les
protéoglycanes. Les parois artérielles ne sont donc pas les seules à être
touchées par ce processus. Il en sera à nouveau question dans le chapitre
consacré à la dermatologie et à l'esthétique.
Tous les travaux déjà signalés, ceux de SCHWARTZ, de CARLISLE, de LOEPER,
soulignent la diminution du taux de silicium qui accompagnent les processus
de sclérose et mettent en évidence la possibilité de prévenir ces
phénomènes par un apport régulier en silicium organique par la vois buccale
.
Il est difficile d'évaluer avec précision l'effet d'un produit administré à
titre préventif.
Toutefois, chez les sujets âgés, il est facile de le constater, le silicium
organique apporte un regain de vitalité, une sensation générale de
mieux-être, une amélioration des fonctions psychiques, de la mémoire et du
moral.
3 / Silicium et Ophtalmologie
Pathologie oculaire.
Un ophtalmologiste de Bordeaux, le Docteur Eugène MORISOT s'intéressa, dès
1900, à l'aspect physique et électronique des phénomènes physiologiques.
Déjà, avec les moyens rudimentaires existant alors, il obtenait de
remarquables résultats en traitant les affections oculaires par
l'ionisation (24). Cette technique d'électrothérapie permettait de faire
pénétrer dans le globe oculaire divers agents thérapeutiques. Il employait,
parmi de nombreux autres ingrédients, les silicates et l'infusion de prèle,
qui lui paraissaient les plus appropriées pour traiter les cataractes
séniles.
Il existe actuellement en pharmacie une spécialité de gouttes oculaires, le
Dulci-phak, à base de silicium organique.
Les indications oculaires du silicium, en application locale et en
ionocinèse paraissent, dans l'état actuel de nos connaissances, être les
suivantes :
Les phénomènes de sclérose, en particulier les cataractes. Si l'acuité
visuelle est encore supérieure à cinq dixièmes, la cataracte était
considérée par le Docteur MORISOT comme réversible sous l'effet de
l'électrothérapie.
L'augmentation de la tension oculaire, le glaucome, du fait de la
modification de la composition ionique des divers compartiments de l'oeil
sous l'effet du champ électrique et de la reperméabilsation des tissus par
le silicium.
Les problèmes vasculaires et les atrophies qui en résultent.
L'ionocinèse apporte une solution au problème des corps flottants du vitré.
Le corps vitré, rappelons-le, est un gel colloïdal transparent qui remplit
l'ceil du cristallin à la rétine. Il peut se produire, en certains points
de ce gel, une floculation. La rétine perçoit chaque floculat comme une
image de filament ou de flocon. Il n'y a pas de traitement de cette
affection parfois très gênante. Il m'est apparu logique de préparer un bain
d'ionocinèse associant au silicium organique les hyposulfites de sodium et
de magnésium dont Auguste LUMIÈRE a fait connaître les propriétés
anti-floculantes. Il est possible d'éviter par ce moyen l'apparition de
nouveaux corps flottants et de réduire notablement ceux qui sont déjà
formés.
L'ionocinèse oculaire peut se pratiquer de deux manières :
1° - à l'aide d'une oeillère, sur laquelle le malade se penche pour y
tremper l'oeil ouvert. L'oeillère de Morisot était en céramique. Je l'ai
faite fabriquer en pyrex, en y ajoutant un ajutage latéral permettant le
renouvellement de la solution au cours de la séance. La transparence du
pyrex permét de s'assurer que l'oeil trempe parfaitement dans le liquide et
qu'il ne se forme pas de bulle de gaz au contact de la cornée, ce qui
pourrait occasionner une brûlure. En raison de ce risque, cette technique
ne doit être employée que par un praticien qualifié.
2° - à l'aide d'une compresse appliquée sur la paupière fermée. Cette
méthode est beaucoup plus simple à mettre en oeuvre. Elle est sans danger.
Elle conserve une bonne efficacité car la paupière n'oppose qu'un obstacle
négligeable au passage du courant et des ions.
4 / Silicium et Dermatologie-Esthétique
Peau et silicium.
La peau est un organe particulièrement riche en silicium. Il est surtout
contenu dans le derme et l'hypoderme, tissus d'origine mésodermique. Ce
sont des tissus conjonctifs dont la charpente est constituée de
macromolécules : collagène,élastine, glycoprotéines, protéoglycanes. Le
silicium, nous l'avons vu, est un élément déterminant de la structure
stéréochimique et de l'agencement de ces molécules de soutien. Ces éléments
fibreux sont plongés dans un gel visqueux parcouru lui-même par les
vaisseaux et les nerfs périphériques. Enfin, le tissu conjonctif contient
des cellules, les fibroblastes qui assurent l'élaboration, l'entretien et
l'élimination de ces différents constituants.
L'importance des besoins de la peau en silicium, élément structurant
indispensable, apparaît immédiatement.
Sclérose et vieillissement cutanés.
Le vieillissement de la peau se traduit par différentes altérations :
l'épiderme s'atrophie. Des taches par hyper ou hypopigmentation
apparaissent. Les cheveux grisonnent et chutent. Au niveau du derme, les
molécules de soutien, collagène, réticuline, élastine, protéoglycanes,
subissent les changements dégénératifs typiques de la sclérose. Le même
phénomène affecte les parois des vaisseaux. La teneur en eau du milieu
extra-cellulaire diminue. Les glandes sudoripares et sébacées s'atrophient.
Ces modifications se traduisent par une minceur et une fragilité de
l'épiderme, une perte d'élasticité, et une diminution des possibilités
d'adaptation aux agressions de l'environnement.
En cosmétologie, il est souvent fait usage de produits à base de collagène
pour combattre les rides et le vieillissement de la peau. Cet apport ne
représente qu'une solution partielle et purement palliative. Elle est à
renouveler en permanence. Pour qu'un traitement produise des effets
durables, il est préférable que celui-ci stimule l'élaboration, par les
fibroblastes eux-mêmes, d'un collagène endogène et de tous les autres
éléments nécessaires à une bonne trophicité de la peau.
Pour que les_fibroblastes puissent remplir cette fonction dans de bonnes
conditions, un apport en silicium assimilable leur est nécessaire. Cet
apport peut se faire sous la forme d'applications locales. Les expériences
pratiquées à la Faculté de Pharmacie de Bordeaux ont démontré, en effet,
que la peau absorbe parfaitement les composés organo-siliciés. Appliqués
sous forme de compresses ou de gel, ils parviennent à traverser l'épiderme,
mais cette pénétration est beaucoup plus intense sous l'effet d'un champ
électrique régulé d'ionocinèse. Comme nous l'avons vu, ce fait a, lui
aussi, été expérimentalement démontré.
A été, elle aussi, expérimentalement démontrée, l'action du silicium
organique sur la sclérose vasculaire. En effet, l'action du silicium ne se
limite pas à une revitalisation des fibroblastes cutanés. Il améliore
également l'état des vaisseaux de la peau et s'oppose à leur sclérose. Il
favorise donc l'irrigation tissulaire locale. Le champ électrique lui-même,
en diminuant la viscosité du milieu extra-cellulaire, favorise la
circulation lymphatique et l'élimination des déchets.
Un apport en silicium par voie générale renforce les effets des
applications locales.
Molécule "locomotive", le silicium organique peut en même temps entraîner
avec lui d'autres molécules. L'expérience a montré l'efficacité de
l'extrait d'une plante, le jojoba, sur la qualité de la peau. Cet extrait
est une cire insoluble dans l'eau, ce qui explique le peu d'effet des
préparations cosmétiques classiques présentées sous la forme d'émulsions.
Pure, la cire de jojoba peut s'employer en applications locales. Rendue
soluble et complexée avec un composé organo-silicié, elletraverse
facilement l'épiderme sous l'effet du champ électrique régulé.
Silicium et radiations.
La peau est exposée à des radiations de diverses fréquences. Certaines sont
nocives : les radiations ultraviolettes émises par le soleil ou par des
sources artificielles et les radiations ionisantes, rayons X et émissions
radioactives.
Les rayons ultra-violets produisent des effets à court terme, à moyen terme
et à long terme : À court terme, c'est le coup de soleil. À moyen terme,
apparaît une hyperkératose et une augmentation de la pigmentation, le
bronzage, dont l'intensité et la coloration varie selon les types de peau.
Les effets à long terme sont les plus nocifs : les dyskératoses et les
anomalies pigmentaires qui apparaissent surtout au niveau des zones les
plus exposées, la face et les mains, peuvent se transformer en cancers
cutanés.
Ces diverses transformations de la peau procèdent de plusieurs mécanismes.
Les U.V. entrent en réaction avec les divers constituants de la peau,
extracellulaires et intracellulaires. Les molécules de soutien sont
désorganisées. Les fibroblastes sont agressés au niveau de leur membrane,
de leurs protéines, de leurs enzymes et de leurs acides nucléiques.
Les radiations provoquent l'apparition de radicaux libres, particules
possédant un puissant pouvoir oxydant. LOEPER a montré par
l'expérimentation sur des fibroblastes humains en culture que le silicium
était capable d'empêcher la formation de ces radicaux libres.
Les radiations ionisantes, rayons X, émissions radioactives naturelles ou
artificielles provoquent, à court terme, les mêmes réactions que les U.V. ,
un érythème analogue au coup de soleil. Mais, une dizaine de jours après le
début du traitement, apparaît un érythème plus sombre, tournant au violet.
Il disparaît en quelques jours. Un troisième érythème peut se produire vers
le quarantième jour. Il se développe ensuite une pigmentation. La peau
apparaît desséchée. Avec des doses suffisantes (plus de 1200 R), cheveux et
poils tombent.
Il est, en grande partie, analogue à celui des U.V. L'énergie des
rayonnements étant beaucoup plus forte, il se produit dans les tissus une
modification des valeurs bio-électroniques dans le sens d'une très forte
surcharge positive. Le milieu devient alcalin, suroxydé. Sur le
bioélectronigramme de VINCENT, il se situe dans la zone du cancer.
Vingt à trente ans après les irradiations peuvent survenir des
radiodermites, susceptibles de dégénérer et de donner naissance à des
cancers cutanés.
L'action protectrice du silicium organique sur les effets nocifs de toutes
les sortes de radiations est manifeste. La prise de silicium organique par
voie buccale ainsi que son application locale, sous forme de liquide ou de
gel est à associer systématiquement à tout traitement radiothérapique. Il a
été possible d'observer chez de nombreux malades l'effet protecteur du
silicium de silicium pendant leur cure d'irradiations, l'absence de
réaction locale à court terme est pratiquement constante.
De plus, l'évolution tardive vers la sclérose ne se produit pas. Chez les
sujets ayant subi un traitement radiothérapique et se présentant avec une
importante infiltration scléreuse de la région irradiée, il est encore
possible d'obtenir, par l'apport de silicium, un assouplissement plus ou
moins net de la zone "cartonnée". La prise de silicium organique par la
voie buccale est également nécessaire pendant le traitement radiothérapique
puis à recommander pendant de longues périodes.
Silicium et cellulite.
La cellulite est le résultat d'une infiltration de la peau par des toxines
endogènes. Elle doit être considérée comme la traduction locale d'un
phénomène général d'auto-intoxication. Affection presque exclusivement
féminine, elle est souvent liée à un déséquilibre hormonal. La pilule
contraceptive favorise tout particulièrement son apparition. il convient de
souligner aussi le rôle nocif des intoxications exogènes, tabac et alcool.
Notons l'influence des facteurs alimentaires, l'excès de sucre, de graisses
animales et de viande. La cellulite n'est pas toujours liée à l'obésité.
Des personnes maigres en sont atteintes. Aussi, les régimes de restriction
calorique ne présentent guère d'intérêt dans le traitement de cette
affection.
D'un point de vue électronique, la cellulite correspond à une augmentation
de la quantité d'eau de solvatation fixée par des ponts électrostatiques
aux protéines du tissu cellulaire sous-cutané. Elle traduit une
perturbation des valeurs bio-électroniques et une augmentation de la charge
électropositive du milieu. Alors que l'oedème est lié à un excès d'eau
libre, la cellulite est liée à un excès d'eau liée. Il est facile de le
constater : la pression du doigt sur une zone d'odème déplace l'eau et
laisse une dépression : c'est le signe du godet. La pression du doigt sur
la cellulite rencontre une résistance élastique et ne laisse pas de trace.
L'eau liée n'est pas déplacée par la pression.
Pour cette raison, les traitements locaux, tels que le drainage lymphatique
manuel donnent un bien meilleur résultat s'ils sont accompagnés
d'administration de silicium afin de libérer l'eau liée pour pouvoir
ensuite la mobiliser par la pression des doigts. L'association de ces deux
techniques se traduit par une augmentation de la diurèse à la suite de
chaque séance de soins, témoin de la libération d'une quantité notable
d'eau tissulaire.
La cellulite évolue très schématiquement en trois stades :
10/ Un stade d'infiltration simple. La surcharge du milieu extra-cellulaire
en ions positifs favorise la fixation des molécules d'eau. L'infiltration
des tissus est encore labile et l'élimination de l'excès d'ions positifs
libère l'eau liée.
2°/ Un stade d'infiltration graisseuse. Les cellules de la peau reçoivent
l'oxygène que leur apporte le sang par l'intermédiaire des vaiss |