SOURCES
La vitamine A est fournie à l'état naturel par les aliments d'origine animale : le
foie, les huiles de poisson,
les poissons, le beurre, le fromage.
Le bêta-carotène et les autres caroténoïdes sont surtout fournis par (alimentation d'origine végétale, et se trouvent dans les légumes et les fruits frais,
colorés en rouge et en orange ou à feuilles vert sombre : carotte, tubercules colorés, abricot, tomate, melon, potiron, brocoli,
mangue, chou, épinards, laitue, cresson. On les trouve aussi dans le saumon, les crevettes, le poulet, le jaune d'oeuf.
Les teneurs du tableau ci après sont exprimées en équivalent rétinol pour les aliments d'origine
animale, dans lesquels le rétinol est présent à l'état naturel. Pour les aliments d'origine végétale
contenant des caroténoïdes (qui ont la capacité de se transformer en vitamine A dans l'organisme), la teneur
est exprimée en microgrammes de bêta-carotène (6 pg de bêta-carotène = 1 E.R.).
LES VITAMINES LIPOSOLUBLES
SIGNES DE CARENCE ET DE DÉFICIENCE
ATTEINTES DE L'OEIL
La déficience en vitamine A entraîne précocement une déficience en rhodopsine, pigment rétinien responsable
de l'adaptation à l'obscurité. L'altération de la vision crépusculaire et nocturne (héméralopie) est l'un
des premiers signes de carence, mais elle peut être difficile à repérer chez l'enfant.
En ce qui concerne la cornée et la conjonctive, on observe une modification des cellules de la surface, qui
se kératinisent (xérophtalmie). Ces atteintes peuvent aboutir à une cécité irréversible dont il existe encore des millions de cas dans le monde.
ALTÉRATIONS DERMATOLOGIQUES
La déficience en vitamine A entraîne une atrophie et un dessèchement des glandes sébacées et sudoripares,
avec hyperkératose (prolifération de la couche cornée de l'épiderme).
Ces altérations affectent :
• La peau, avec localisation préférentielle aux faces externes des cuisses et des jambes.
• Les muqueuses, ce qui explique une sensibilité accrue aux infections de la trachée et des poumons, hors le fait que la vitamine A stimule la synthèse d'anticorps.
ALTÉRATION DU DÉVELOPPEMENT
Le rôle de la vitamine A dans la multiplication et la croissance cellulaire explique que sa carence
entraîne des retards de croissance (en taille et en poids).
De telles carences, qui atteignent encore des populations entières, et surtout les enfants de moins de 6 ans,
accompagnent la malnutrition et la dénutrition ; elles ont des conséquences cliniques d'autant plus
sérieuses qu'elles sont souvent associées à un déficit en vitamine E
ou en zinc.
LES VITAMINES LIPOSOLUBLES - GROUPES À RISQUES
Dans les pays où règne la malnutrition, une simple prévention pourrait abolir la xérophtalmie et la kératomalacie,
qui provoquent chaque année la cécité de centaines de milliers d'enfants.
Dans plusieurs de ces pays, une lutte systématique contre le déficit en vitamine A est mise en place par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) :
Elle permet de traiter chaque année environ 20 millions d'enfants. Dans les pays industrialisés, on rencontre des
déficits en vitamine A dans les classes sociales défavorisées ou dans des groupes aux habitudes alimentaires particulières.
Il en est de même chez les personnes âgées vivant dans de mauvaises conditions.
Toutes les affections où le mécanisme d'absorption est altéré peuvent diminuer les réserves hépatiques en vitamine A
jusqu'au seuil de carence.
RISQUES DE SURDOSAGE
La majeure partie de la vitamine A absorbée quotidiennement est mise en réserve dans le foie.
Et les capacités de stockage de cet organe sont énormes, puisqu'on a relevé des taux de vitamine A atteignant 3 200 Ng par g de foie :
soit, par gramme de foie, plus de 3 fois le besoin quotidien d'un adulte.
Les réserves de l'organisme en vitamine A peuvent subir des diminutions du fait de certaines maladies maladies
atteignant le foie, qui contient 90% du stock organique de vitamine A, comme l'hépatique chronique et la cirrhose.
Maladies digestives chroniques (diarrhées) et parasitoses, qui diminuent l'absorption intestinale.
Mucoviscidose, maladie héréditaire avec trouble de l'absorption des graisses, et toutes les affections avec troubles
de l'absorption des graisses comme l'atrésie (rétrécissement) des voies biliaires. Traitements prolongés
par les corticoïdes et certains autres médicaments.
Prise régulière d'huile de paraffine.
La consommation de fruits et légumes apparaît insuffisante dans l'ensemble des populations des sociétés
industrialisées, et l'apport en caroténoïdes, trop faible.
Or, au delà d'une certaine concentration, la vitamine A devient nocive. Mais le seuil de toxicité est flou : il y a des risques
d'hypervitaminose lorsque l'absorption quotidienne atteint entre 20 et 50 fois la dose recommandée, et les accidents surviennent
après des mois, parfois des années, de surutilisation. Une maladie de foie rend plus vulnérable à la toxicité de la vitamine A.
Un surdosage aigu provoque une hypertension intracrânienne entraînant des vertiges, des nausées et des vomissements ;
une fontanelle bombée chez le nourrisson, des céphalées occipitales chez l'adulte; une desquamation de la peau et des muqueuses.
Un surdosage chronique se manifeste insidieusement au début par des troubles cutanés (desquamation, sécheresse,
démangeaisons, alopécie), des douleurs articulaires et une ossification des ligaments ; une fermeture prématurée
des cartilages de conjugaison osseux ; des troubles neurologiques (irritabilité, fatigue chez les enfants), des atteintes hépatiques pouvant conduire à la cirrhose.
Le bêta-carotène étant complètement atoxique, pour éviter le risque d'hypervitaminose il faut, en supplémentation, le préférer à la vitamine A (rétinol).
Les excès de caroténoïdes peuvent donner une coloration orangée à la peau (parfois recherchée pour remplacer avantageusement le bronzage par les
ultraviolets, vite dangereux en excès).
Deux études, parues en 1994 et 1995, trouvent une légère augmentation de la fréquence des cancers du poumon chez les fumeurs supplémentés en bêta carotène.
En dehors de l'arrêt, irremplaçable, du tabac, le fumeur ou l'ancien fumeur ne devrait pas prendre de bêta-carotène seul, mais plutôt un complexe anti-oxydant
où les micronutriments agissent en synergie. Isolés, ceux ci peuvent devenir, dans certaines conditions, pro-oxydants.
On peut ajouter aux risques liés à l'administration de vitamine A ceux des rétinoïdes, qui sont des analogues chimiques de la vitamine A.
Ces produits sont très utilisés en dermatologie, et en particulier pour traiter des anomalies de la kératinisation et de la production de sébum.
Mais il faut savoir que leur action, favorable sur les tissus lésés, s'accompagne d'effets indésirables sur les tissus sains, notamment une
sécheresse de la peau et des muqueuses.
Chez les femmes traitées par certains rétinoïdes, la grossesse constitue une contre indication absolue.
Outre les risques d'avortements spontanés, il y a un danger de malformation foetale.
Non seulement la prise de rétinoïdes est proscrite pendant la grossesse, mais celle ci doit être évitée
après l'arrêt de la médication pendant une période qui varie selon le rétinoïde administré.
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